Publié dans Papotage

Je suis (de) Saint Étienne du Rouvray

Je m’étais toujours dit que tu n’aurais pas ta place ici, que jamais je n’écrirais pour toi. pour moi, tu ne mérites pas qu’on écrive à ton sujet. Tu ne mérites même pas que l’on s’arrête sur toi.

On te voit assez partout pour ça. Pas besoin d’en faire des tonnes. Tu as réussi à hanter certaines de mes nuits pour que je daigne perdre mon temps à parler de toi. De toute façon, je n’estime pas avoir la plume qu’il faut pour écrire à ton sujet. D’autres le font bien mieux.

C’est déjà bien suffisant à mon avis. Tu as déjà fait bien assez de mal, en arrachant la vie à des milliers d’innocents à travers le monde.

Oui, mais voilà, comme on dit chez nous, « Y’a qu’les cons qui n’changent pas d’avis » (soit dit en passant, toi, tu dois être sacrément con).

Et, de toute manière, il me semble bien que, là, tous mes principes, mes repères, foutent le camp.

Tu sais, enfin si tu sais quelque chose, je ne suis pas la fille qui montre vraiment ses émotions, au grand malheur de mes proches. Mais là, tu as été trop loin, mec/tas d’immondices…

Avant hier, je faisais ma maligne en scandant qu’il ne fallait pas céder à la peur, qu’il fallait [essayer] de continuer à vivre « normalement »(quoique tu fais disparaître, petit à petit, le sens de ce mot) même si, comme bien des gens, je fondais en sanglots devant l’horreur des images journalistiques vendant du scoop et du sensationnel à tout va. Comme la plupart, qui n’a pas vécu ton ignominie et tes actes abjectes, le lendemain, la vie reprenait son cours, avec un peu de vague l’âme, je reprenais le cours de ma vie. J’allais faire mes courses, j’emmenais mes enfants au parc, au zoo, je sortais, sans craindre grand chose. Je restais l’Humain lambda qui pense que ça se passera toujours chez les autres. Je voulais, par simple protection psychologique, rester à penser que tu n’étais qu’une ombre éloignée.

Avant hier, les « et si » n’étaient que pipi de chat. Ils étaient là, oui, c’est sûr, mais ils étaient bien vite balayés devant l’attrait de mon occupation. Oui, c’est vrai dimanche, lors d’une sortie familiale  , un petit « et si tu frappais, là, maintenant » est venu me hanter. J’ai eu un peu peur, pendant quelques secondes mon coeur s’est accéléré, jusqu’à ce que je me fonde dans la foule et me laisse emporter par l’ambiance générale.

Avant Hier, je me suis couchée, paisible et heureuse d’avoir vécu ce moment de joie, de convivialité.

Avant hier, j’étais naïve, ou humaine, au choix.

Sauf que…

Hier, tu m’as faite passer de l’autre côté.

Hier, alors que je dormais paisiblement, j’ai été réveillée par des explosions. Je me suis dit, naïvement, que ce n’étaient que des pétards.

Hier, mon fils est venu me rejoindre dans mon lit, pour me faire un câlin.

Hier, il m’a aggripé au cou, quand nous avons entendu une deuxième série d’explosions. Sauf que, j’étais bien éveillée. J’ai déjà entendu ce type d’explosion. Dans les films. Il s’agissait de tirs en rafale.

Hier, j’ai bondi du lit, comme jamais je n’ai bondi. Instinctivement, j’ai fermé toutes les fenêtres.

Hier, j’ai pris mon téléphone. J’avais 8 SMS, des tas de MP. 8 SMS où l’on me demandait où j’étais, si j’étais à l’abri avec les enfants, si ça allait.

Hier, j’ai d’abord pensé à une course poursuite dans le quartier, c’est déjà arrivé. Ça ne m’a pas plus paniqué

Hier, je n’ai pas.compris.

Puis, j’ai branché ma télé, machinalement, sur BFM. C’est presque devenu naturel comme geste, en fait.

Hier, mon père m’a appelé apeuré pour nous. Il m’a tout expliqué. Je n’ai pas compris tout de suite.

Hier, j’ai vu le nom de ma ville partout à la télé, sur des bandeaux, dans la bouche des journalistes.

Hier, j’ai compris

Hier, nous avons dû nous barricader chez nous, pendant 9h. Nous avons dû interdire à notre fils de s’approcher des fenêtres.

Hier, tu as privé mon fils de voir ses arrières grands-parents. Hier, toi, sombre con, tu as fait pleurer mon enfant à maintes reprises parce qu’il voulait simplement, du haut de ses 3 ans, aller jouer dans le jardin de son papy, comme on le lui avait promis la veille.

Hier, tu nous a forcés à devoir parler à ce trop petit Être du monde qui l’entoure. Tu as dû nous faire lui dire les atrocités qui règnent sur cette planète à cause de toi. Nous avons utilisé des mots simples pour te nommer même si bien d’autres, bien moins mignons, me venaient en tête. Il a compris que la police nous protégeait, que nous le protégions. Une fois tes sbires « neutralisés » et le déminage fait, il a passé son temps à aller voir par la fenêtre si la police était toujours là, parce que lui, il voulait s’en aller.

Hier, tu as volé l’innocence de mon fils. Et, pour ça, je te hais.

Hier, tu as entaché des souvenirs d’enfance dans cette église où l’on se pelait les os, à Noël, pour entendre les couacs musicaux de ma petite soeur clarinettiste. J’étais adolescente, ça me faisait grave chier d’y aller, surtout pour entendre « Le Pont de la rivière Qwai » pour la millième fois, mais on se marrait. C’était un truc de famille. Ma sœur, du haut de ses 12 piges était fière de montrer ses progrès. C’était beau à voir malgré tout ce que je pouvais dire à l’époque.

Hier, tu as égorgé un homme bon, généreux et simple. Un homme qui a bercé mon enfance et qui nous racontait des histoires sur un type chelou qui transformait l’eau en pinard, type, qui j’en suis encore plus sûr, aujourd’hui, n’existe pas. Mais bordel qu’il était gentil et bon.

Mais, putain, mec, t’as déconné sévère là, tu butes des gamins, des familles et un vieillard sans histoire de 80 ans. Tu le vis comment? T’as pas trop honte?

Hier, j’ai vécu l’horreur.

Hier, j’ai dû me contenir pour ne pas céder à la panique et faire peur à mes enfants.

Hier, j’ai vu des militaires en tenue de combat, armés jusqu’aux dents. J’ai vu des hommes, aussi musclés que la Montagne, encagoulés et vêtus de noir. J’ai vu des dizaines de policiers. J’ai vu des camions de pompiers par dizaine. J’ai vu la sécurité civile. J’ai vu la BRI. J’ai vu tout ça. J’ai vu tout ça, en bas de chez moi, putain. Mon fils a vu tout ça.

Hier, j’ai sursauté au moindre bruit suspect.

Hier, mon cœur s’est arrêté 12 fois au moins. Ma tension était proche de l’implosion. Mes mains tremblaient. Les larmes montaient.

Hier, j’ai réalisé.

Hier, je n’ai pas réalisé que c’était réel.

Hier, j’ai réalisé que je n’arrivais pas à réaliser.

Hier, mon cerveau a freezé devant tant d’émotions et de ressentis contradictoires. Il lui faudra du temps pour réaliser l’irréalisable.

Hier, le temps s’est arrêté.

Hier, tu m’as projetée en première ligne.

Hier, tu m’as fait comprendre que nous n’étions plus en sécurité nul part.

Hier, et je l’avoue, tu as bien réussi ton coup là dessus, tu m’as fait voir ce qu’était la peur.

Hier, tu m’as fait perdre à tout jamais ma naïveté et le peu d’insouciance qu’il me restait.

Hier, tu as touché ma ville.

Hier, tu as touché l’église située à 2 mètres de l’école de mon fils.

Hier, tu m’as fait comprendre que l’on pouvait mettre Paris en bouteille. Qu’enfin de compte, les « et si » étaient bel et bien réels.

Hier, tu étais à 50 mètres de chez moi.

Hier, tu es entré dans ma vie. Tu as violé mon quotidien, mes habitudes.

Hier, j’ai pris conscience de ce que tu avais fait quand les photos de profil de mes contacts se sont parés d’un « Je suis ». Sauf que, cette fois, il y avait le nom de ma ville, celle où j’ai grandi, celle où j’ai joué, ri, beaucoup, dansé, énormément, celle où mon amoureux a grandi, celle où mes enfants grandissent, jouent, rient et dansent, à leur tour.

Et, pourtant, hier, j’ai réalisé qu’il y avait  encore de l’humanité. J’ai réalisé que beaucoup de gens nous aimaient et s’inquiétaient pour nous. J’ai réalisé que même, malgré la distance, beaucoup se sont enquéris de savoir si nous allions bien. Beaucoup nous ont tenu compagnie  grâce aux réseaux sociaux et au téléphone. Des personnes qui, je le savais, seraient là, et d’autres à qui je ne parle pas (assez) régulièrement. J’ai été énormément touchée. Alors ne te leurre pas, sombre crétin, tu n’as pas totalement gagné la bataille.Toutes ces personnes m’ont montré que l’Amour, l’Amitié, l’Humanité, la compassion, l’altruisme, la solidarité existaient encore, et qu’il faut continuer à se battre pour ça.

Aujourd’hui, je réalise tout ça.

Aujourd’hui, je réalise que le monde devient fou.

Aujourd’hui, je réalise ce monde que nous sommes en train de léguer à nos enfants.

Aujourd’hui, je réalise que les « et si » peuvent se réaliser.

Aujourd’hui, je réalise que je suis fatiguée de tout ça.

Aujourd’hui, je réalise que nous avons eu beaucoup de « chance » de ne pas être blessés, ou pire. Je réalise le travail de tous ces hommes et femmes qui ont magnifiquement fait leur travail, et, qui nous ont permis d’être sains et saufs. Et du haut de cette petite missive, je les en remercie du plus profond de mon cœur.

Aujourd’hui, je réalise, plus que tout, qu’il faut s’aimer les uns, les autres, sans penser à demain, qu’il y a des gens qui nous aiment et que c’est tout ce qui compte.

Aujourd’hui, je réalise qu’il faudra travailler dur pour que la nouvelle génération change toute cette haine.

Aujourd’hui, je réalise que je suis concernée, que ça ne se passe pas que chez les autres.

Aujourd’hui, je réalise que tu es lâche, pleutre et sans vergogne.

Aujourd’hui, je te hais, bien plus qu’hier et bien moins que demain.

Aujourd’hui, je réalise qu’il y a eu hier, et, que plus rien ne sera jamais comme avant hier.

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PS : J’aurais aimé qu’il y ait une pronom neutre, comme en anglais, pour te nommer, hors, le français n’a pas cette particularité, à mon grand regret. À mon sens, tu ne mérites pas qu’on te tutoie. Ce n’est pas grave, je suis passée outre. J’ai utilisé le « tu », même si tu n’as pas de visage. En revanche, je n’utiliserai jamais ton nom, je ne te ferai pas le plaisir d’écrire ton nom.

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25 commentaires sur « Je suis (de) Saint Étienne du Rouvray »

  1. Mumcha, je n’ai réalisé que ce matin que c’était ta ville, je savais que tu vivais près de Rouen mais sans précision. Aujourd’hui je réalise que toi et une autre personne que je connais vivent dans cette ville qui vient d’être frappée par l’horreur …
    Ton billet est si beau et tellement vrai.
    Personnellement j’ai du mal à mettre des mots pour dire ce que je ressens, je me sens si impuissante ..
    J’ai peur, pas pour moi car si cela m’arrivait je n’aurais de toute façon pas le temps de m’en rendre compte, mais j’ai peur pour mes enfants, ma famille.
    Moi aussi je disais de ne pas céder à cette peur mais j’avoue que là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
    Je suis heureuse d’avoir croisé ton chemin via le net car tu partages des valeurs qui sont miennes, je m’en suis rendue compte au fil du temps en te suivant via les réseaux sociaux.
    Je t’embrasse bien amicalement

    1. C’est exactement ça, j’ai surtout peur pour mes enfants et mes proches. Je me dis que l’avenir, que je voyais pourtant radieux, s’assombrit de jour en jour…
      Je trouve aussi que nous avons beaucoup en commun, j’aime ces rencontres là, elles nous enrichissent! ❤

  2. C’est tout à fait ça!avant hier je n’imaginais pas que la ville ou j’ai grandit pouvais être touchée!je réalise que demain ça peut toucher ma famille,mes amis…
    Je ne peux pas imaginer la journée d’horreur que tu as vécu…
    Le bruit des sirènes tout au long de la journée sachant ce qui se passait était déjà insoutenable!
    J’espère un monde meilleur pour nos enfants!
    Plein de courage à toi et a ta petite famille.

    1. C’est ça, c’est tellement inimaginable…. La journée fut difficile et, encore aujourd’hui, j’ai du mal à réaliser, et pourtant, je sursaute au moindre bruit… Merci beaucoup Laura et des bisous

    1. C’est exactement ça, et, c’est exactement ce que nous avons vécu hier. De voir toute cette solidarité, tous ces gens qui se sont inquiétés pour nous, aujourd’hui encore, d’ailleurs, nous a particulièrement touché! Je t’embrasse.

  3. il y a quelques semaines ( avant Nice) en allant faire mes courses au supermarché , j ai ete surprise de voir « cette affiche  » sur ce qu il nous faudrait faire en cas d attaque terroriste et je me suis dit merde , nous vivons reellement dans un monde ou il faut savoir se cacher s ils debarquent chez nous , dans notre commerce , dans notre café , dans notre concert , dans notre eglise , dans nos ecoles, à nos fetes populaires … C ‘est exactement à ce moment precis avec une simple affiche au supermaché que j ai perdu mon innocence et realisé que ça peut se passer en bas de chez moi aussi et qu on n est pas en securité et que nos enfants surtout ne sont pas en securités, nul part . j ai perdu mon monde de bisounours . Je ne veux meme plus allumer les info car nous les connaissons deja trop . Merci pour ton texte qui resonne en moi .

    1. Merci à toi pour ton petit mot. Ce n’est pas évident de prendre conscience de toute cette horreur devant notre porte… Essayons tout de même de garder quelques Bisounours, histoire de garder un peu de gaieté, surtout pour nos enfants ❤

  4. Je suis loin, très loin de chez toi, et c’est la première fois que je te lis… et pourtant j’ai l’impression d’être à côté de toi, j’ai l’impression d’être ta voisine… sûrement parce que nous sommes tous dans la même galère.
    Moi, je réalise que nous vivons la peur que les syriens réfugiés ont fui, que la guerre est aujourd’hui chez nous, bien qu’elle ait un visage différent de celui étudié dans les livres d’école … je réalise que rien ne s’arrangera tant que nous n’arrangerons rien là bas… et je réalise que ça va mettre un putain de long moment à se régler…
    Bon courage à toi et toute ta famille pour les prochains jours et merci pour ce texte ❤

    1. Merci pour tout ❤ c'est ça, avec le recul, je me rends compte que j'ai réalisé que nous étions bel et bien en guerre et comme tu dis une guerre que l'on n'a pas apprise dans à l'école. un guerre différente, une guerre psychologique, de terreur et tout autant dévastatrice…

  5. Nous l’avons entre nos mains le monde de demain: ce sont nos enfants qui le créeront. Rien que pour ça j’ai envie d’y croire même si des drames aussi terribles nous font imaginer tout l’inverse…
    Merci d’avoir partagé ça avec nous et bon courage pour l’après…

  6. Texte magnifique. Tu m’as fait pleurer et j’ai réalisé. J’ai réalisé que cette petite phrase de mon mari « heureusement qu’on n’habite pas dans une grande ville mais en périphérie » n’était plus du tout vrai. J’ai réalisé que moi qui ai toujours eu un peu peur de la foule ça n’était pas près de s’améliorer.
    Je t’envoie pleins de courage parce que de ce que je lis dans les journées ta ville n’a pas fini d’être décortiquée et salie et j’espère que tes enfants pourront y grandir sans y avoir la peur au ventre.
    Merci pour ces mots.

    1. Merci beaucoup. Mon mari me disait pareil que l’on habitait trop près de Paris pour être touchés. Je m’en remets souvent à lui car je suis quelqu’un de très angoissée et je me monte assez vite la tête. Depuis, il se sent coupable. Je suis également agoraphobe et là, je peux t’assurer que ça en a repris un sacré coup.

  7. Je suis bouleversée en te lisant, (je suis hypersensible j’en parle sur le blog cette semaine justement) je ne peux restée insensible à tes mots… j’ai vécu le premier attentat de Paris en janvier dernier à travers un ami qui a vu son collègue et ami mourir dans ses bras, c’était la première victime de Charlie Hebdo, ils venaient changer le système de maintenance du bâtiment, ce jour-là il m’a appelé à 11h mais j’étais en pause et je pensais qu’il voulait joindre mon mari alors je ne l’ai pas rappelé et en découvrant les événements peu de temps après je n’ai pas du tout fait le lien. Et puis son frère m’a appris qu’en fait il n’arrivait pas à joindre les secours et voulait qu’on donne l’alerte, il était enfermé dans les toilettes et pensait que les terroristes allaient revenir pour lui… alors quand je te lis et quand je vois chaque semaine en ce moment ce qu’il se passe je revis cette semaine où en même temps je découvrais avec surprise que j’étais enceinte et qu’un petit trésor allait venir émerveiller notre vie ❤
    Je te souhaite à toi, ta famille et tes proches de surmonter cette épreuve ensemble.
    Courage à vous tous

    1. Je crois qu’au fur et à mesure, nous connaitrons tous quelqu’un qui sera touché, de près ou de loin, par ces actes ignobles, et, c’est bien cela qui me terrifie… Heureusement, nos enfants nous apporte un peu de réconfort et de douceur dans ce monde qui chavire.

  8. mon coeur de Normande pleure aussi. Tu as su trouver des mots justes pour parler de cette horreur. Mes pensées t’accompagnent 💙

  9. Oh tu me fous les larmes, j’imagine ce que ça peut faire quand on est si proche… je suis désolée sue cela vous touche autant toi et les tiens. Forcément moi en étant en région parisienne je comprends un peu et je tremble aussi que ça nous frôle un peu trop sans parler du pire… non je ne peux malheureusement pas dire que je n’ai pas peur, plus maintenant que je suis maman. ..

    1. Je crois que le fait que l’on soit parent, ne peut décemment plus nous faire nous sentir en sécurité dans ce monde de fou… Merci pour tes mots ❤

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