Publié dans Grossesse, Préparer la venue de bébé

Tu ne procrastineras point

Ma toute petite,

Tu le verras bien assez vite, je ne suis pas le genre de maman à faire tout tout de suite dans la seconde. Non. Je suis plutôt de celles qui remettent à demain, voir au surlendemain, ou même carrément à la semaine d’après, ce qu’elles pourraient faire le jour même.

C’est un fait, je procrastine. C’est dans ma nature, un instinct bestial ou un truc du genre.

Je me retrouve souvent à tout faire dans l’urgence parce que j’ai trop attendu. J’ai toujours agi de la sorte, que ce soit pour la révision de mes contrôles puis de mes partiels, pour la rédaction de mes exposés à la fac, ou même pour les papiers supers ultra urgent à rendre ou a récupérer. Ça me met un challenge, je sens la pression monter en moi, l’adrénaline me procure cette sensation que je ne peux dénigrer et j’adore ça. Non, je m’emporte là…

En fait, je suis juste la reine de la procrastination. J’adore remettre à plus tard. Ce n’est même pas que j’aime ça, c’est juste que c’est devenu une putain d’habitude dont je ne parviens pas à me défaire.
Combien de fois, à l’approche de la nouvelle année, je me suis fixée comme bonne résolution de faire ce que j’ai à faire quand ça doit être fait, et non le lendemain et le mois suivant? Et combien de fois au 1er de l’an je me suis dit que je verrai ça plus tard, la semaine d’après, « c’est juré! » (à moi-même forcément) parce qu’autant commencer un lundi. C’est toujours mieux de commencer de nouvelles choses le lundi. Le lundi c’est carré, et ça marque le début d’un commencement (ça marche aussi avec le régime, l’arrêt de la clope, la reprise du sport…). Toutes les bonnes résolutions débutent un lundi.

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Source : JaimeLaGrenadine.tumblr.com

Voilà donc le 53ème lundis de 2015 passé et l’arrêt de ma procrastination n’a trouvé aucun lundi à son pied. En tant que bonne procrastinatrice, je n’ai pas dit quel lundi allait changer ma vie de « je remets tout à demain » aguerrie.

Le soucis ici, vois-tu, c’est que je dois préparer tes affaires parce que mine de rien dans 4 semaines, tout au plus, tu seras là. Tu vas arriver dans ce nouveau monde, ce grand monde, déjà trop grand pour ta maman qui s’y sent souvent perdue, et je voudrais qu’il soit le plus accueillant possible pour toi, toute petite chose.
Mais voilà, pour une malheureuse histoire de trouille, je n’arrive pas à préparer ton arrivée.

C’est une peur lancinante qui se cache derrière une mine fardée d’hormones réjouie à l’idée d’avoir un nouveau bébé, une petite sœur pour mon Zarico, et qui se donne un malin plaisir à sortir la nuit tombée. Le pire, c’est qu’elles ne sont pas qu’une, elles sont plusieurs.
Toutes ces peurs, je les ai déjà éprouvées avant l’arrivée de ton frère, ce n’est pas un secret. De nouvelles sont s’y greffer. Elles se bousculent dans ma tête et m’empêchent d’avancer. Quand on est déjà de nature à remettre à plus tard les choses que l’on devrait faire à l’instant, la tâche se complique grandement.

Si je me mets à préparer tes affaires, alors ça voudra dire que ton arrivée est imminente (elle est imminente), que notre vie à 3 va changer, que notre quotidien va être chamboulée. Ce qui m’effraie le plus c’est ton grand frère. Tu sais, c’est le seul enfant de notre entourage alors il est choyé (pour ne pas dire pourri), et, ta venue risque de changer bien des choses… Pour le moment, c’est le centre de mon monde, et je ne vois que par lui et pour lui. J’ai tellement peur que nous n’ayons plus assez de temps pour lui, qu’il m’en veuille, ou pire qu’il ne m’aime plus (la femme enceinte a des peurs débiles).

Si je me mets à préparer tes affaires, alors ça voudra dire que tu seras bientôt là en chair et en os. Tu ne seras plus qu’une idée, une projection. Tu sais avec ce qu’on a vécu ton papa et moi, on a un peu de mal à se projeter. Alors, jusqu’à ce que j’entende tes pleurs retentir à ta sortie, je resterai le souffle coupé, comme je l’ai été ces 9 derniers mois. Je sais ce que je vais ressentir quand tu vas pousser tes premiers cris, cette sensation merveilleuse d’un amour qui envahit tout ton corps et dont tu ne sais même plus quoi faire. Du moins je l’espère. Il paraît que tout parent ressent cette peur de ne pas aimer assez son enfant. Je le sais, c’est une peur idiote, mais comme toute future maman, elle m’envahit aussi. Surtout que j’ai un point de comparaison, j’ai tellement été submergée par cet amour maternel quand Zarico est né, quand ils l’ont posé sur moi, que j’ai peur de ne pas pouvoir ressentir la même chose à ta naissance.

Si je me mets à préparer tes affaires, alors ça voudra dire que le fait que je t’ai pour moi toute seule s’arrêtera net. Il faudra « te partager ». Je devrais me séparer de toi. J’aime tellement que tu sois avec moi, tout le temps. Je sais que je vais regretter bien assez tôt ces moments où tu me détruis le peu de muscles abdominaux qu’il me reste… Pour ton frère, ce fut une terrible douleur de ne plus le sentir dans mon ventre. Je sais que je vais ressentir un vide immense. J’ai peur de revivre cette sensation indescriptibles et incompréhensibles.

Si je me mets à préparer tes affaires, alors ça voudra dire que je ne serais certainement plus jamais enceinte. Mes grossesses n’ont pas été des plus idylliques, j’ai souffert, j’ai angoissé (beaucoup trop pour ton frère, je m’en rends compte aujourd’hui), j’ai patienté (moi qui ne le suis pas pour un rond), mais j’ai aimé ça. J’ai aimé me sentir bien dans mon corps. Ces 18 mois accumulés ont été et resteront ceux où je me suis acceptée dans mon corps, où j’ai accepté mes rondeurs comme le plus beau cadeau que l’on puisse me faire. J’ai aimé me regarder dans le miroir et me trouver à peu près jolie. Lorsque tu seras là, tout ça, je devrais tirer un trait dessus. Tu seras sans doute mon dernier bébé, et c’est assez difficile à entendre.

Si je prépare tes affaires, alors ça voudra dire que tu arrives, et que, quand tu seras là, mon ventre retombera, mes rondeurs n’auront plus d’excuses, et redeviendront les rondeurs d’une fille qui aime un peu trop la bouffe. Les gens ne me diront plus qu’ils me trouvent resplendissante ou jolie ou pulpeuse. Je redeviendrai la fille qui se laisse aller, qui ne fait pas d’efforts.

Finalement, toutes ces peurs sont idiotes, et je m’en rends bien compte en les extériorisant sur mon clavier. Elles disparaîtront quand tu arriveras, tout du moins pour certaines. Alors, je me suis enfin mise un coup de pied au derrière. J’ai enfin préparer ta valise. Tu peux donc arriver comme bon te semblera (attends 2016 quand même).

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2 commentaires sur « Tu ne procrastineras point »

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