Publié dans Grossesse

Elle est où la sortie?

La fin approche.

La fin est proche.

Il ne nous reste que 60 jours, maximum, l’une avec l’autre. Rien qu’entre nous. Après, il faudra qu’elle sorte.

Oui, paraîtrait-il qu’elle ne peut pas rester éternellement, au chaud, dans ma bedaine gonflée à bloc. Il va falloir qu’elle sorte.

Il faut qu’elle sorte, donc… Bien, bien… Mais par où?

Bon, c’est sûr, il n’y a pas 36 000 solutions.

Deux, tout au plus.

La sortie classique, celle par laquelle, on est tous censé sortir, la sortie tout public, plus communément, ou scientifiquement appelée « les voies basses ». Ça fait tellement mystérieux, tellement pompeux. On y est entré, on doit pouvoir en sortir. Puis, zut, appelons un chat, une chatte. Je veux parler de l’accouchement par le minou, le vagin quoi.

Il y a également la sortie des artistes, ou de secours, tout dépend de quel point de vue on se place, celle qu’on fait emprunter en cas d’extrême urgence, ou parce que la sortie classique est trop petite pour laisser passer la star, ou que sais-je encore. Je veux parler de la Césarienne.

Pour la plupart des futures mamans, enfin la grande majorité, la question ne se pose pas, elle se fait par « les voies basses » [à prononcer sur un ton bobo à souhait]. C’est « le plus simple », le « plus naturel », ouai, parce que, malheureusement, la fermeture éclair sur l’utérus n’est pas fournie à la livraison.
Dans la nature, la sortie se fait par la vagin, chez à peu près toutes les espèces vivantes. Il n’y a pas de gentils médecins avec bistouris incorporés prêts à charcuter madame [insérer le nom d’un animal] parce que bébé ne peut sortir par là.

Heureusement ( et Dieu Merci), chez l’Humain, ça ne se passe pas comme ça.

Si bébé vient à souffrir, qu’il fatigue, que Maman ne se sent pas bien, que le travail est trop long ou autres situations d’urgences, les médecins ont le moyen de sauver tout ce petit monde en pratiquant une césarienne. Il y a quelques années de ça,  jeune inculte que j’étais, je pensais que la césarienne s’arrêtait à ça. Sans Mamans « récentes » et/ou césarisées autour de moi, je ne connaissais que très peu, ces histoires de sorties alternatives.

Puis, je suis tombée enceinte de Zarico, et là, j’ai découvert, qu’il existait une troisième option. La césarienne programmée. Celle où tu connais à l’avance la date de la naissance de ton bébé, celle où on te donne « un rendez-vous » pour faire naître ton enfant.

Il faut dire que je n’ai pas eu beaucoup de chance. La meuf Chkoumoun, c’est moi. J’ai découvert que j’étais née avec une malformation congénitale du bassin, un truc d’héritage maternelle à la noix. En gros, il est trop petit pour laisser passer un « gros » bébé.
Ça aurait pu le faire. Passer sans trop d’encombrement, comme une lettre à la poste, si Zarico n’avait pas hérité du périmètre crânien de son père. Ils ont la grosse tête dans la famille. Puis, le Z., il mangeait bien à la cantine, il était estimé à 4.100kg à la naissance, et est sorti à 3.740kg avec 3 semaines d’avance.
Pour bien finir le tout, il était en siège semi décomplété, histoire de bien terminé le truc.

SemiDecomplete

« Ah ben, ça passe pas! »
Source : http://www.cesarine.org/

On m’a donc programmé une césarienne pour faire sortir la bête. Deux mois à l’avance, je savais quand il devait sortir. C’est très déroutant parce que c’est un peu ça aussi le jeu de la grossesse, tu sais quand il/elle est rentré(e) mais pas quand il/elle va sortir. Nous, nous le savions. Ce serait un 22 avril. J’avais même l’heure approximative, aux alentours de 9h.

Bon, ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Il y a quand même eu un peu de mystère. Pour bien finir cette grossesse de rêve, j’ai eu un début de cholestase gravidique, avec un merveilleux urticaire géant, j’ai donc eu droit à une césarienne d’urgence, et donc, en quelque sorte à une naissance surprise (si tu veux tout le récit, c’est par ici).

Pour Lady Mogette, j’avais bon espoir. Le gynécologue (ne compte pas sur moi pour dire ‘gygy’, je ne supporte pas ce « mot? ») m’a, à son grand damne, laissé entendre que peut être, à la rigueur hypothétique de l’hypothèse, avec toutes les conditions sinéquanones réunies, je pourrai accoucher par « voies basses » (n’oublie pas l’accent). On appelle ça, un AVAC, Accouchement Vaginal Après Césarienne (so glaaaaaaam).

Pour ça, il faudrait que Lady M. ne soit pas trop grosse, avec un périmètre crânien dans la moyenne basse, tête en bas, que mon foie se tienne à carreau, que je sois en forme.
J’avais (j’ai encore) bon espoir, je veux le garder jusqu’au bout. La césarienne de Z. a été, pour moi, très difficile à vivre. J’attendais ce bébé depuis bien trop longtemps. On l’a sorti de mon ventre, on me l’a mis dans les bras quelques minutes, puis je ne l’ai pas revu avant ces putains de 2h, toute seule, en salle de réveil. Je me suis sentie tellement seule, abandonnée. J’ai vécu cette césa seule, M’sieur Stache n’a pas pu y assister. J’ai ce goût amer de solitude et d’abandon qui persiste encore aujourd’hui. J’avais tellement attendu ce bébé, espéré, prié et on me l’a arraché aussi sec. Je n’ai pas pu remplir mon rôle de maman comme je l’aurais voulu les 48 premières heures tant j’avais mal. Impossible de le changer, de le laver… J’ai mis un bon mois à me remettre totalement de cette opération, car oui, c’est et ça reste une opération (bien trop de gens l’oublient).

Alors si cette fois-ci, je peux échapper à tout ça…

Ca peut paraître idiot, mais je voudrais vivre un accouchement avec le papa de ma fille, qui plus est, l’homme poilu de ma life. Moi aussi, je veux pouvoir lui hurler dessus Mordel de Berde! Je veux pouvoir vivre le peau à peau, savourer ses premières minutes avec eux. Je m’en fous de la douleur, des milliards de femmes sont passées par là, et ont recommencé, pour la plupart.

Ouai, j’avais bon espoir. Sauf que la dernière écho, celle du troisième trimestre a déjà effacé pas mal des conditions de mon gynéco… Lady Mogette est déjà un beau bébé, 2.150kg à 32 SA tout pile et est estimé à 3.800kg à terme. Elle, aussi, a hérité de la grosse tête paternelle… La radiologue m’a laissé entendre qu’il ne fallait pas trop que je compte sur mon AVAC, et que ce serait mieux que je commence à penser à une seconde césarienne.

Nous serons définitivement (ou presque) fixés le 08 décembre, date de mon rendez-vous du 8ème mois.

12311050_446914452178079_4779350868320044100_n

Alors bien sûr, que tout ce qui compte c’est qu’elle soit en parfaite santé. Bien sûr que je ne vais pas me rouler par terre et taper du pied si on m’annonce que ce sera une césarienne. Avec tout ce que l’on a pu vivre, on connaît le prix de la vie et rien n’est plus important que la santé de nos enfants.
Cet envie d’accouchement par voies basses est purement égoïste, je le concède, et forcément que je ne tenterai rien qui pourrait mettre en danger la vie de notre fille, ni la mienne d’ailleurs, mais c’est un moment que j’aimerais vivre, de toutes mes forces, avec celui que j’aime. J’aimerais aussi pouvoir vivre les premiers instants de vie de ma fille avec elle. Mais, si pour nos santés respectives, il faut passer par la cas césarienne, alors on ira!

Et vous? Comment c’est passé vos accouchements?

Publicités

Un commentaire sur « Elle est où la sortie? »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s