Publié dans Premiers pas de maman

Et tu as 2 ans et demi

Je le dis et me répète, et le re-répéterais certainement encore des dizaines de millier d’autres fois.
Plus on vieillit, plus le temps passe vite. C’est un fait. Certainement parce que l’on prend conscience que tout défile sous nos yeux sans que l’on puisse y faire grand chose, ou bien parce qu’en grandissant on prends conscience de l’importance du temps. Je ne sais pas trop. Et, à part profiter de chaque instant, je crois qu’il n’y pas grand remède à ce mal qui nous bouffe tous.

Avec le temps, s’il y a bien un rôle qui nous entraîne encore peu plus dans le tourbillon de la vie, c’est devenir parent.

Endosser ce rôle accélère inexorablement le temps. Ce n’est un secret pour personne. On nous prévient avant même de donner naissance à son premier enfant. Qui n’a jamais entendu « Profite quand il/elle sera là. Tout passe à une vitesse hallucinante » à quelques jours de son accouchement, ou aux premières heures de ce petit bambin qui nous fera vieillir encore un peu plus vite.

Ils ont raison. Ils n’ont jamais eu autant raison. Et, à la manière du Dr. Who, on se retrouve, nous, parents, embarqué dans un Tardis, bien malgré nous, croyez le bien, lancé à vive allure, dans une faille spatio-temporelle.
On n’y peut rien. On ne peut pas stopper la machine. On le voudrait de toutes nos forces. On voudrait réussir à mettre la main sur cette fichue horloge bloquée en avance rapide et l’écraser de toutes nos forces, d’un coup de talon. Sec et net.

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Combien de fois ai-je entendu ma mère me dire « Profite de Zarico à chaque instant, un jour tu te retourneras sur lui, il aura déménagé et sera sur le point de devenir père ».
Samedi, cette petite phrase répétée par-ci par-là au détour de nos nombreuses conversations n’a jamais eu autant de sens.

Samedi, Zarico a eu 2 ans et demi.

Ça peut ne paraître rien du tout pour n’importe quel Être lambda, mais dans un cœur de maman, bon ok, dans le mien bourré aux hormones de grossesse, c’est trop.

En un clignement de cils, ce tout petit bonhomme tant espéré qui tenait dans mes mains c’est transformé en un petit garçon bien trop grand à mon goût.

D’un bébé dormeur, Z. est devenu une petite tornade qui déménage tout sur son passage en hurlant « Reeeeeen, z’ai mis du bazzzzzar patout patout patout ». Mais quand est-ce qu’il s’est mis à parler, nom d’un Troll?! Hier encore il babillait, et là, il parle?
Mais, mais, j’étais où tout ce temps???

D’un tout petit bébé qui avait tant besoin de sa maman, il est devenu tellement autonome, à vouloir se débrouiller tout seul, pour tout. Tout est bon pour forger sa propre expérience, et depuis un bon petit bout de temps maintenant, sans que j’ai vraiment pu m’en rendre compte, il se déshabille tout seul,  s’habille presque tout seul, met ses chaussures tout seul (1 fois sur 2 à l’envers), se lave les dents tout seul, va au toilette tout seul, mange tout seul, met la table tout seul, va chercher son dessert tout seul… Et gare à moi si j’ose l’aider… « Non, c’est moi, maman! ». Ça fait beaucoup trop de truc « tout seul » à mon goût…

Il y a quand même des fois où je me demande si le voyage temporel ne me cause pas des effets secondaires, comme l’amnésie. Un truc du genre.

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Non mais quand est-ce qu’il a appris à se servir de son lecteur CD, à reconnaître sa gauche de sa droite, à faire de la trottinette, du vélo, à escalader les jeux du jardin public, à sauter, à faire des galipettes?
Quand est-ce qu’il a su citer toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, à nous donner la météo du matin en regardant par la fenêtre, à reconnaître toutes les formes géométriques qu’il pouvait croiser sur son chemin, à compter, à reconnaître les lettres de son prénom?
Je n’arrive même plus à donner de réponses précises, tant tout défile sous mes yeux à la vitesse d’un TGV. Est-ce que j’arriverai, un de ces jours, à prendre le train en marche?

Je voudrais arrêter le temps. Je le voudrais tellement. Je voudrais tellement profiter de chaque instant à ces côtés, m’imprégner de chacun de ses progrès, de ses nouveaux acquis, retenir chacun de ses premiers pas, mais il en apprend tellement vite, en une journée parfois, que mon vieux disque dur qui me sert de cerveau ne parvient pas à tout retenir.
Je le vois encore tellement petit, tellement dépendant, tellement bébé. J’emmène encore la poussette lors de nos balades, alors qu’il n’y monte plus depuis des mois déjà. Il marche lui, il est grand lui, comme il dit.

C’est le lot de toutes les parents paraît-il. Il faut se faire une raison. Et, même en voulant en profiter un maximum comme on me l’a tant répété, certainement le seul et unique conseil que j’aurai retenu venant d’un tiers, j’ai ce sentiment que tout m’échappe.
Et, ce samedi, ce fameux 18 octobre, j’ai eu un véritable pincement au cœur. Parce que, je me rends compte que, d’ici peu, tout va encore plus accélérer avec le venue de Lady Mogette. Parce que, je prends conscience que mon tout petit va devenir grand frère. Parce que, je me rends compte que ce rôle n’est pas évident, et que, bien qu’on veuille le protéger au maximum, et qu’étant moi aussi devenue grande sœur un jour, on le rend encore un eu plus grand malgré lui. Parce que, cette année sera, pour lui, l’année de tous les changements, j’ai peur. Peur qu’il ne grandisse encore plus vite qu’il ne le fait déjà.

Et puis…

Et puis, il vient se blottir contre moi, avec l’oreille de son vieux lapin troué dans la bouche, me demandant un câlin. Il se blottit dans mes bras et je respire son odeur. Sa douce odeur, celle qui me fait oublier tous mes maux. Celle qui me fait oublier à quel point le temps passe vite. A cet instant, je profite du moment, de notre moment, sans me poser de questions.

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