Publié dans Grossesse

Le côté obscur de la force

J’avais plusieurs idées de titres pour cet article. J’ai longuement hésité.

J’aurais pu l’appeler l’Amnésie post-post-partum, ou celle de la récidiviste, ou encore l’Inconscience de la future multipare. J’aurais aussi très bien pu l’intituler Quand ton horloge biologique te refile Alzeihmer.

C’est un truc d’humain, ça. Je crois qu’on a ce pouvoir magique d’oublier les choses qui nous importunent, ou qui nous ont importunés, voire nous ont totalement pourri la vie, pour mieux recommencer derrière, et limite aimer ça (parfois et dans la limite du raisonnable).

Pourtant, tu t’étais jurée de pas recommencer ou du moins d’attendre parce que, purain, t’en à grave bouser!

Tu vois certainement où je veux en venir… La grossesse et tout ce que ça engendre derrière…

Et là, dans ta tête, résonne le célèbre adage de l’Oncle Jacky ou de Mémé Berthe « Ah! Ben tu en reprends pour 20 piges! ».

Le soucis dans l’affaire, c’est qu’ils n’ont pas tout à fait tord…

C’est ton premier? Tu es excusable, nous en reparlerons dans quelques mois, si tu veux bien.
C’est ton deuxième? Toi aussi, tu t’es faite (de nouveau) embobiner par ton cerveau de moineau et tes ovaires avides de faire féconder les jolis œufs qu’ils ont fabriqués rien que pour toi, et ainsi perpétuer l’espèce humaine? Bienvenue au club!

Passer l’euphorie du pipi sur la bandelette et la joie de l’apparition du trait rose fluo, tant attendu, façon sabre laser d’un Dark Vador un peu trop efféminé, tu vas douiller.

C’est parti, chérie, tu en (re)prends pour 9 mois…

Ralala, t’es heureuse là, à cet instant T. Tu viens de vider ta vessie et en prime tu apprends que tu vas donner la vie. C’est rose, si rose autour de toi, tu te croirais presque dans conte de fées, il ne manque plus que les souris et les zozios bleus pour entonner une chanson.
C’est ton cerveau qui continue de te berner… Mais ne t’en fais, les hormones sont les maîtresses de ton corps, et, tôt ou tard, elles reprendront le dessus!

Pour ma part, ça a pris 45 minutes. 45 minutes après avoir fait pipi sur mes doigts sur cette foutue bandelette (trop petite, nan mais sérieux qui a inventé ce truc?!), j’ai commencé à ressentir ce mal de mer lancinant, qui, depuis, ne m’a plus lâché. Comme amnésique, je les avais oubliées. Celles qu’on appelle nausées. Je tairai l’expression « nausées matinales » parce que, dans mon cas, c’est toute la journée que j’ai cette sensation qui me donne l’impression que mon estomac pèse le poids d’une enclume et que ma boyasse tente par tous les moyens de sortir de mon corps, par ma bouche.
Avaler quelque chose sans que mon ventre ne se transforme en sèche linge 8000 tours/min relève du miracle.
Comment j’ai pu oublier ça?
Je me suis dit que ça ne durerait que 3 mois, comme tante Monique (la pharmacienne, la boulangère, le primeur, la voisine et Jacky) me l’avait assuré.
Mais non… Pas cette fois-ci.
Ça fait 5 mois. 5 mois que je ne peux rien avaler sans dégobiller mes tripes, 5 mois que mon bide fait des tours de grand huit gratos.
Une odeur sortie de nul part? Je vomis.
Un consistance étrange dans ma bouche? Je vomis.
Penser à un cordon bleu? Je vomis.
Zarico qui fait caca? Je vomis (si si).
Manger trop? Je vomis.
Manger pas assez? Je vomis.
Du coup, je passe pour l’OVNI de service. Quoique, tout le monde a réussi à trouver un avantage à mon cycle infernal de vomito : JE NE GROSSIS PAS. Et d’après, la plupart de mon entourage, ce n’est pas plus mal… Nan parce que la Mumcha, l’est grasse, c’est une bonne vivante et, d’habitude, elle mange plutôt bien au village!
[Bon, j’avoue, ça me ravit quand je monte sur la balance… +28 kg pour Z… Contre -5kg (pour le moment) pour Miss Mogette].

S’il n’y avait que ça… Mais non! Reste encore un peu et découvre les secrets cachés de ce moment merveilleux qu’on appelle la grossesse!

amnésie postpartum

On oublie tellement vite…

Les cernes de 15 pieds parce que ta copine Insomnie a décidé qu’elle t’accompagnerait corps et âme les 9 prochains mois. Parce que Miss Insomnie a décidé, bien malgré toi, qu’elle serait ta nouvelle meilleure pote dorénavant. Pourtant, tu le sens que tu es éreintée, crevée, au bout de ta vie. Tu t’écroulerais bien sur le premier canapé, le premier fauteuil, pouf, chaise, banc ou même le premier tapis de bain (ceci n’est pas une expérience personnelle… En fait si, mais chuuuut) que croise ton regard. Au début, c’est une question d’hormones, ça se bouscule là dedans et ta cervelle de moineau, ne suit plus trop l’affaire. Viennent ensuite les mouvements de cette petite chose si merveilleuse, appelée rugbyman, qui grandit en toi, ou encore les mouvements incontrôlés de tes jambes si douloureuses qui ont décidé que dormir c’était pour les faibles, ou bien ton estomac qui brûle à petit feu.
Bref, dormir, je ne sais plus trop ce que ça veut dire. Et pourtant, je rêve d’une nuit complète, une seule petite nuit où mes yeux resteraient fermés plus de 30 minutes d’affilé…

Les boutons d’acné quand ce n’est pas la peau qui gratte. Tu te retrouves avec le visage luisant de sébum façon beignet de la Foire du Trône et des boutons qui font leur apparition aussi discrètement qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pendant que ton corps lui, s’assèche. C’est le désert du Sahara. Et tu te grattes.
Si ton corps est ton ami, il fera comme le mien, tu te retrouveras alors avec le visage gras et archi sec à la fois. Tes boutons d’acné copuleront avec des plaques de sécheresse qui se seront gentiment couchées sur tes cernes de 15 pieds (cf plus haut).

Les cheveux gras. Pourquoi? Hein? Pourquoi? On te répète partout qu’enceinte, on a des cheveux merveilleux, soyeux, épais et brillant… Ouai, ben brillants de graisse, filasses et cassants en même temps, pour ma part… C’est juste pas juste.

L’incapacité à se concentrer plus de 2.36min sur un sujet ou une conversation. Déjà, en temps normal, c’est pas la joie. J’ai la concentration d’un bulot échoué à marée basse. Alors enceinte, quand toute ton énergie est concentré sur ton bas ventre où pousse cette merveilleuse petite chose qui gobe ton énergie, il n’y a plus personne… Remarque, c ‘est à moment qu’on sait comment fonctionne un homme et on comprend beaucoup mieux les choses. Alors en soirée, quand il y a plus d’une personne autour de toi et donc plus d’une conversation, c’est impossible. J’y arrive pas. Il y a un trou noir dans ma cavité « cérébrale ». Il ne se passe tout simplement plus rien. Le néant. Que dalle.
Tiens! Ça me fait penser que je devais faire un truc méga important, ou dire un truc, ou… M’en rappelle plus…

Ah oui! Ça y est, ça me revient! J’ai envie de faire pipi…. Encore… Pour la 24ème fois depuis 4h. Je n’en peux plus. J’ai l’impression d’être une fontaine Culligan en flux continu. Je pense d’ailleurs sérieusement à me faire poser une sonde, histoire d’être tranquille.

Et je ne suis qu’au deuxième trimestre… J’attends appréhende le troisième trimestre très sérieusement… Parce que maintenant que Miss Mogette est bien installée, ça me revient. Tout me revient. Tous les petits maux bien pourris de la grossesse se rappellent à ma mémoire.
Le troisième trimestre, celui où tu n’aperçois plus qu’en souvenir, ton minou que tu dois apprendre à débroussailler comme tu peux, à l’aveugle… Je ne te parle même pas de tes poteaux qui te servent de jambes, qui tiennent plus du cactée urticant que de la jambe soyeuse façon publicité Vénus.
Le troisième trimestre, celui où le simple fait de te retourner dans ton lit tient de l’épreuve olympique.
Le troisième trimestre, celui où marcher plus de 100 mètres te fait souffler comme un bœuf et transpirer comme un adolescent pré pubère face à une Clara Morgane un peu trop dénudée.
Le troisième trimestre, celui où tu as l’impression que ton utérus tout entier va sortir d’un instant à l’autre de ton entre-jambe sans que tu ne puisses rien n’y faire, ni retenir.
Le troisième trimestre, celui où chaque vertèbre de ta pauvre colonne a décidé de fusionner avec sa copine d’à côté.
Le troisième trimestre, celui où mettre des chaussures à lacet n’est qu’un lointain souvenir, et où tu te rends aux rendez-vous médicaux en tongs, en plein hiver, parce que c’est la seule chose que tes knackis balls géants tout gonflés qui te servent de pieds ne supportent.

Bref, Que la force soit avec toi…

Ndlr : cet article est à prendre au 18ème degré (bien évidemment)…

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12 commentaires sur « Le côté obscur de la force »

  1. Mouhahaha!!! Tellement vrai! Je sors a peine des moments penibles avec ma premiere bebe que jai deja envie dun nouveau bebe lol

  2. oh ça me donne envie d’un troisième ♥♥♥ non je déconne le renouvellement de l’espèce passe par cette sorte d’Alzheimer chelou sinon nous ne referions jamais de gosses! Superbes illus aussi! (pour de vrai la!)

    1. Tu as bien raison! Je n’en aurais jamais refait sinon!
      L’illustration est de ma soeur qui se lance à corps perdu dans sa passion (enfin). Si tu as besoin n’hésite pas je te mettrai en contact

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