Publié dans Grossesse

Assise sur mon trône

Il y a quelques jours, je t’annonçais mon retour, sans grands fracas, mais avec une jolie surprise.

Il est de ces nouvelles, inattendues, qui vous tombent dessus et vous laissent sur le (cu)cul, comme une nouille, sur le trône, heureuse mais totalement pommée…

C’est à peu près comme ça qu’a commencé l’histoire de notre futur(e) Mogette.

J’avais quelques jours de retard, mais rien d’alarmant, 2 ou 3 jours tout au plus. Je n’y avais même pas prêté attention à vrai dire. Sous pilule, ça m’arrivait quelques fois. Il aurait suffi d’un peu de fatigue ou d’une contrariété pour qu’elles se fassent attendre.

Sauf que les jours se sont accumulés. J’étais un peu perdue dans les dates. Sous contraceptifs, j’ai tendance à ne pas trop faire attention. Mon point de repère? Mes amies Malice et Lulu. A force d’être toujours fourrées ensemble, on s’est calé. La nature fait bien les choses, parfois.
Nous étions attablés lorsque le sujet est tombé sur le tapis. J’avais plus que quelques jours de retard.

Je me rappelle très bien que nous en rigolions. Mortes de rire, elles me répétaient que Zarico allait être grand frère. Nous n’y croyions pas du tout puisque je n’étais pas censée être enceinte!
En rentrant ce soir là, M’sieur Stache n’étant pas franchement rassuré de rester dans l’hypothétique hypothèse que peut-être, par le plus grand des miracles, nous attendrions un deuxième enfant, m’a proposé de faire un test. J’étais d’accord, puisque de toute façon, ce n’était pas possible!

Dimanche, je me lève, pas encore réveillée, la tête dans le (cu)cul, pour un pipi matinal. Tellement éveillée, que j’ai bien failli en oublier le test, posé religieusement sur la poubelle.
Je déballe la bestiole, les yeux mi-clos, rongés par le sommeil et fais ce que j’ai à faire, pipi quoi… Je le pose et finit mon affaire tranquillement. Je m’en vais me servir un verre d’eau dans la cuisine et retourne aux W.C. vérifier quand même au cas où ce qui est écrit sur le petit écran. Je m’attends tellement au sempiternel « pas enceinte » que je regarde à peine.

Sauf que…

Ce n’est pas du tout ce qui s’affiche sur le test.

Je regarde à 6 fois. Oui, à 6 fois.

Les premiers mots, ou plutôt le seul mot qui est sorti à ce moment, c’est « putain… » [on est classe, ou on ne l’est pas!]. Je me suis assise, là où j’ai pu, c’est-à-dire, sur mes toilettes, où j’ai manqué de tomber… Dans le trou…

Trop de sentiments d’un coup, trop de questions qui se chamboulaient dans ma cervelle endimanchée. J’étais heureuse, morte de trouille, inquiète, euphorique. Comment allait-on faire? Ce bébé n’est pas du tout prévu! Comment M’sieur Stache va-t-il réagir? Et Zarico? Comment ai-je pu lui faire ça? Il est si petit! Il n’est pas prêt à être grand frère… Et notre appartement, il est si petit. Nous n’avons que deux chambre, où dormira-t-il? Et le boulot? Et les finances?
Nous avions parlé bébé, il y a quelques temps avec M’sieur Stache, nous étions d’accord sur le fait que ce n’était pas le bon moment, que nous voulions attendre que Z. soit plus autonome… Comment allais-je lui annoncer cette nouvelle?
Les ascenseurs émotionnels ce n’est pas pour moi, je ne sais pas gérer la chose. Je suis restée là, assise sur mon trône, heureuse et désemparée… Par où prendre les choses. Dois-je être comblée? Dois-je m’inquiéter? Je ne sais plus…

Il fallait que je lui annonce, et puis je commençais à avoir mal aux jambes.

Je n’ai jamais été très douée pour les annonces. Je me suis donc précipitée dans la chambre où il ronflait paisiblement. Je suis restée plantée quelques instants. Par où commencer?
je n’ai pas trouvé mieux que le secouer de toutes mes forces et lui balancer un « je suis enceinte ».

Ces secondes ont été les plus longues de ma vie. Tremblante de sa réaction.

« Ouah, c’est super! Ce n’était pas prévu pour tout de suite mais on va gérer comme on l’a toujours fait. Un an d’avance ce n’est rien! Reviens te coucher, maintenant. »

Ces mots ont fini de calmer mes angoisses. Il ne parle pas beaucoup mais il sait utiliser les mots justes qui me rassurent. Il a ce don.

Rassurée, surexcitée, heureuse, je me suis allongée, les yeux grands ouverts sur le plafond blanc, la tête vide. J’étais heureuse. Tout simplement, heureuse.

 

Publicités

23 commentaires sur « Assise sur mon trône »

  1. C’est un très beau billet qui décrit parfaitement les émotions que l’on peut ressentir ! Et c’est tellement génial de le prendre comme ça malgré tout le reste, car c’est juste magnifique alors félicitations à vous !

  2. Oh j’ai adoré ton billet !
    Je ne suis pas enceinte, je ne l’ai jamais été mais je partage tes émotions, quand tu es seule-face-au-test-je-fais-comment, putain….

    1. Merci beaucoup! Je peux te dire que sur le coup je ne rigolais pas trop ^^ maintenant la situation me paraît comique (comme souvent avec moi XD)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s