Publié dans Papotage, Premiers pas de maman

Mon terrible

Mon terrible,

Du haut de tes presque 2 ans, tu grandis, tu pousses, tu deviens un petit garçon. Je dois t’avouer que je n’ai pas vu la chose venir. De mes yeux de maman, je te vois encore si petit. Tellement petit, que j’ai encore l’impression que ma présence t’es indispensable. Indispensable à ta survie.

Mais non, enfin si. Tu as encore besoin de moi, bien sûr, beaucoup même, mais ce n’est plus primordiale. Tu commences à faire tes propres expériences, tu forges ton caractère. Tu demandes plus d’indépendance, et moi comme une nouille, j’assiste à ta transformation, sans trop comprendre.
Dans mon élan égoïste, je voudrais que tu restes bébé, que tu restes mon bébé. C’est bête, mais c’est humain, paraît-il… Je te dirais bien que tu comprendras ça quand tu seras papa à ton tour, mais j’aurais trop l’impression de parler comme Mamithie.

Tout le monde me dit que tu changes à vue de nez, et je dois bien l’admettre. Ils ont raison. J’aimerais que non. Mais ils ont raison, je le vois bien. Aussi bien physiquement que caractériellement, tu changes. Tu t’affirmes. Tu grandis. D’une petite boule blottie, collante, calme et silencieuse, tu es devenu un petit grand blond tout fin plein de vie.

Tu ris, tu parles (beaucoup), tu cries, tu danses, tu chantes. Tu me rends heureuse, fière, joyeuse et me donne plein de baume au coeur. Tu me fais rire énormément. Ah! Ca! Tu me fais rire, à croire que tu as hérité du génome de la clownerie familiale. Tu es prêt à tout pour faire rire ton public, et quand celui-ci est réceptif, rien ne peut t’arrêter. Tes éclats de rire ont ce don de rendre les gens heureux. Ton regard ampli de malice a ce pouvoir de faire fondre le moindre être humain sur Terre.
Parfois, j’aime à penser que tu ne fais pas trop d’efforts pour parler parce que tu sais que tout passe dans ton regard. Une chose que tu as hérité de ton papa et moi.

Cette petite lettre pourrait s’arrêter là. Je pourrais entretenir le mythe du Saint Zarico, mais crois-moi, ça ne s’arrête pas là.

Non.

Devenir petit garçon, c’est aussi s’affirmer, et en tant qu’Être Humain, c’est normal (ça me rassure parce que ta passion pour les croquettes à chien commençait à m’inquiéter).
Les psychologues (des personnes qui aiment trouver des noms pour tout et n’importe quoi (humour)) aiment appeler ça, le terrible two.

Je pense que l’on peut affirmer sans trop de craintes que cela ne soit erroné, que tu es en plein dedans.

Tu fais ton caractère, tu te rends compte que tu es un être à part entière. Tu as ta propre identité. Et surtout, surtout! Tu as appris un mot magique qui semble régler tout problème de ton point de vue, « NON! ».

Tu nous fais ta crise d’ado du bébé, quoi. Et mon Dieu, je dois l’avouer, au risque de défriser plus d’une maternante, c’est chiant. C’est casse pied, fatigant, épuisant (je tenterais bien le « casse couille » mais là, elles vont faire un AVC).

Attention, je ne dis pas que tu es invivable. Loin de là. On peut même dire que tu es très facile à vivre. La plupart des gens me répètent très souvent qu’ils auraient aimé avoir un enfant aussi calme que toi.

C’est peut être aussi pour ça, que ça nous paraît aussi terrible. Tu nous as habitué à tellement calme, de silence, de câlins et au doux son de ton rire.

Depuis quelques temps maintenant, tu cries, tu hurles, tu t’égosilles. Tu me fatigues, tu fais saigner mes tympans. Il y a des fois où j’aimerais hurler aussi fort que toi, comme pour expier toute cette colère et cette impatience qui bouillonnent en moi. Paraît-il qu’il ne faut pas le faire. Alors je me tais.
J’ai tout essayé, parlementer, t’expliquer calmement, moins calmement, en criant (oui, je ne suis pas parfaite, mais ça tu le sais maintenant) qu’on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut et encore moins en hurlant, mais rien n’y fait. Je sais que tu exprimes ta frustration comme tu le peux, mais cette frustration inexprimable par les mots arrive à me mettre hors de moi.

Tu m’as fait me sentir démunie même avec mes plus ou moins préceptes d’éducation. Je n’en suis aucun, juste les notre. J’en ai essayé d’autres, sans trop plus de succès. J’ai bien essayé les trucs à la mode, les explications longues et pleines d’amour (même si je bous à l’intérieur), les machins bienveillants. Mais le truc, c’est que je ne sais pas mentir, et j’ai du mal à sortir des mots de ma bouche avec un ton bien précis, s’il vont à l’encontre de ma pensée. Ca sonne faux, et j’ai l’impression de te mentir.
Tu sais quand on est parent primipare, on est assez concon, on se dit qu’on fera comme ça, un point c’est tout, parce que c’est ce qui nous paraît le mieux, mais on finit toujours par essayé ce qui a l’air de marcher chez les autres. Je crois que tu l’as bien compris, et tu dois bien te marrer quand tu me vois essayer de tourner des phrases sans utiliser la négation ou le « tu » paraît-il violent.

Comme pour tout dans ma vie, je remets sans cesse mon rôle de maman en question. Est-ce que j’agis bien? T’ai-je bien expliqué les choses? Là, c’était bien ou pas comme j’ai fait?

Heureusement, il y a ton papa. Bien plus confiant, bien plus autoritaire, qui ne lâche rien (ou presque). Enfin de compte, c’est lui qui suit à la lettre nos envies d’éducation. Et, quand bien même, si parfois je trouve qu’il ne lâche pas assez la bride, tu l’écoutes, tu t’arrêtes quand il te le dit. Quand tu crises, il te laisse. Moi, je ne peux pas, je n’y arrive pas. Tes cris m’arrachent le cœur et me donnent envie de pleurer.
Je voudrais être plus forte, parce que je sais que ce n’est pas te rendre service de lâcher l’affaire aussi vite.

J’ai travaillé avec des enfants tu sais. Beaucoup. Combien en ai-je vu se liquéfier devant un « non », piquer des crises et se rouler à terre? Je ne veux pas que tu sois comme ça. Je ne veux pas que tu ne puisses pas te confronter à la frustration. Être Humain, c’est aussi ça. Être frustré. J’ai même l’intime conviction, que c’est le propre même de l’Homme.

Alors, je m’efforce de maintenir cette éducation que nous souhaitons te donner, celle que nous souhaitons suivre, celle qui n’est pas dans les livres, celle que nous avons mûrement réfléchie avec ton papa. Ce n’est pas tous les jours drôle et c’est souvent le bordel dans ma tête…

Heureusement, tu nous fais très vite oublier ces petits moments délicats avec tes éclats de rire qui font raisonner la maison de bonheur. Alors même si ces moments difficiles entache un peu notre quotidien, il n’en est rien face au bonheur que tu nous donnes.

Juste un truc, on ne lâchera pas 😉

Rendez-vous à l’adolescence!

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7 commentaires sur « Mon terrible »

    1. Oui mais c’est gentil mais non XD! Je suis mon instinct, je pense en fin de compte ne pas trop mal m’en tirer! Je suis pas parfaite, loiiiiiiin de là, mais je pense le comprendre et mes convictions m’empêchent de penser qu’on puisse trouver la réponse dans les livres! Chaque enfant est différent, à sa propre personnalité, et lui coller une étiquette en suivant des bidules dans un livre pour tous les enfants je trouve ça trisssssteuh! Bornée, con, penses-tu? Oui XD

      1. Voilà !!! 😂
        Parce que c’est pas sur comment élever un enfant mais comment ils fonctionnent, leurs émotions, leur ressenti, ça nous fait nous mettre à leur place et c’est vraiment intéressant.

  1. Courage mais je ne minquiete pas trop pour vous, vous avez lair de savoir ce que vous voulez et davoir des valeurs saines deducation. cela plus lamour.que vous portez a votrz petit Z le guideront vers lapaisement 🙂

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