Publié dans Premiers pas de maman

Et le p’tit deuxième?

Cette question, quand tu deviens parent, tu l’entends forcément.

Il doit y avoir une sorte de loi (que je ne connais pas) qui oblige tes proches, tes voisins, ta boulangère ou la caissière de chez Leclerc à te la poser dans un laps de temps plus ou moins long après ton vêlage. Ton utérus à peine remis de 9 mois de bons et loyaux services, il serait judicieux, d’après eux, de se remettre au boulot, histoire que le Zarico ne prenne pas trop l’habitude du fils unique. Il ne faudrait pas le laisser grandir tout seul ce pauvre petit.

On te pose la questions plus ou moins délicatement, avec une approche plus ou moins rusée :

« Vous voulez combien d’enfants? »
Selon la réponse, on te fera comprendre qu’il ne faudra pas trop tarder parce que tu comprends à 26 ans, la ménopause est vite arrivée! Du coup, pour être tranquille, et selon qui j’ai en face de moi, j’oscille en 1 seul et 8. A chaque fois, la tête est la même, et ça me fait rire. je les imagine alors penser dans leur tête soit que je suis la personne plus égoïste du monde, soit que je ne pense vraiment pas à ce que je dis, 8 mouflets quoi, t’imagine la tronche de ton vaginou après ça (on me l’a dit pour du vrai)?! En tout cas, à chaque fois le caquet est fermé…

« Bon le p’tit frère c’est pour quand? »
Demain?! Ben tu vois bien, nan!?
Il y a ces personnes qui, si tu as un garçon te demanderont pour quand le p’tit frère, et si tu as une fille pour quand la p’tite soeur. Oui, parce que si tu as fait un garçon en premier, tu auras forcément un autre garçon, c’est mathématiques, voyons!
Tu remarqueras le petit « bon », synonyme d’impatience, ton fils a quand même 18 mois, il s’agirait de ne pas traîner!

« Alors, vous nous remettez ça quand? »
Ca, quoi? Aaaaaah! « Ca », un enfant! Ben oui, que je suis con! C’est vrai que faire un enfant revient à acheter du pain! C’est tout à fait anodin, un enfant. Quand on analyse cette phrase, on tombe dénue à bien y réfléchir. Selon cette personne, tu fais un deuxième enfant pour eux? Non, cette question est laide, c’est tout.

« Ca serait bien une fille, j’aimerais bien qu’il y ait une fille un peu dans cette famille. »
Oui, c’est vrai, Z. c’était nul que ça soit un garçon, d’ailleurs on a essayé auprès de la mater, mais ils n’ont pas voulu nous l’échanger… On va faire une fille. On a même vu un tuto sur internet, ça ne râtera pas! C’est écrit que c’est sûr à 50%.
Cette petite phrase a le don de m’horripiler. Sérieusement? les gens sont conscients de ce qu’ils disent? Je reste à ce jour sans réponse…

« Vous êtes jeunes, profitez-en! On n’a plus la même patience après. »
Celle-là, elle est sournoise, maline et rusée. Cette petite phrase, bien malgré toi, te fait cogiter…

Je tergiverse sur des questions anodines que l’on a tous entendu, ou que l’on entendra tous un jour. La réel question cachée que l’on se pose après l’interrogatoire familial, est bien plus profonde que ça. Je me la pose tous les jours, elle m’angoisse et me fait peur. Elle me fait même pleurer à certains moments.

Serais-je capable d’aimer un autre enfant que Z.?

Quand j’y pense, Z. c’est MON enfant, mon bébé bonheur, celui qui m’a redonné le goût de vivre, qui m’a donné envie de ma battre et de devenir celle que je suis aujourd’hui.
Z. restera pour toujours cet enfant si particulier, celui sur qui j’ai fondé tous mes espoirs. Et bien que, consciente du poids que je lui ai mis sur ses toutes petites épaules, c’est le trésor de ma vie et j’ai bien peur de ne pouvoir aimer un autre enfant comme je l’aime lui.
Z. est arrivé comme une lumière là, où il faisait sombre. Après toute cette période traumatisante de la perte d’un enfant, il est arrivé avec sa petite bouille d’amour et nous a enfin montré le bonheur.

Aujourd’hui encore, je me dis que faire un second enfant serait le trahir. Je ne me vois pas m’occuper d’un autre enfant. je ne me vois pas devoir lui dire d’attendre parce que son petit frère ou sa petite sœur pleure et qu’il faut le/la nourrir. Je ne veux pas le faire patienter, lui dire que c’est chacun son tour, qu’il aura un câlin ou mon attention après. Lui, à qui je donne toute mon attention, tout mon amour, devrait se retrouver avec une maman coupée en deux?

Comment peut-on aimer autant un second enfant?
Comment fait-on?
Devrais-je partager mon amour?
Aimer moins Zarico?
Aimer toujours mon Z. d’un amour inconditionnel tout en apprenant à aimer un autre enfant? Mais cet amour, sera-t-il aussi fort?
peut-on aimer autant deux fois?

Autant de questions dans ma tête qui se bousculent face à une « pression » familiale parfois pesante mais aussi à une envie grandissante. Oui, j’aimerais un deuxième enfant, mais comment faire?

Dans ma tête, je saute de rocher en rocher avec sur chacun une nouvelle question existentielle qui me font plus peur les unes que les autres…

A 5 ans, j’ai dû accueillir à 3 jours d’intervalle une petite sœur et une cousine. Avant ça, j’étais le seul enfant de la famille. Du haut de mes 5  ans, je suis passée du centre du monde, de la petite fille reine, à  grande sœur. L’attention était toujours là, mais ce n’était plus la même, je devais apprendre à partager. Oui, mais à 5 ans, partager on ne sait pas ce que c’est, et on a l’impression d’être plongé dans un fossé… Alors à 18 mois?

Cette peur ambigüe où je passe d’une rive à l’autre, à me demander une fois si faire un deuxième enfant n’est pas trahir Z., à me demander une autre fois si je serais capable d’aimer autant un autre enfant, ou encore à m’interroger sur le fait de partager mon amour maternel, me fiche une trouille bleue et m’angoisse au plus haut point…

A ce jour, je n’ai pas encore la réponse à toutes ces questions bien qu’on essaie de me rassurer, et ces interrogations sont grandissantes car je reste un être humain avec des instincts et des envies.

Et toi, comment abordes-tu la question/as-tu abordé la question?

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11 commentaires sur « Et le p’tit deuxième? »

  1. ah j’adore ton article..moi tu sais j’ai deux filles et dès la première on m’a bassiné avec le ‘il faut faire un garçon » , pour la deuxième c’était encore plus cash.. »oh mince encore une fille » et la c’est la version soft . Je venais a peine d’accoucher de numéro deux qu’on me disait : bon faut vite faire le troisième pour tenter le ptit gars…comme si mes filles était finalement des erreurs..bref rien que d’en parler la pression monte et je m’énerve. Quand à la suite de ton article tu sais ce que j’en pense hein..on s’est tout dit!! 😉

    1. U____U’
      les gens sont cons c’est un monde ça quand même!
      Oui, on s’est tout dit <3. d'ailleurs on en a reparlé avec M'sieur Stache hier et on a décidé d'attendre que Z. soit un peu plus autonome! Donc d'ici un an on devrait retenter l'expérience XD

  2. Je me reconnais bien dans ton article ( surtout dans le  » faudrait enfin nous faire une fille dans la famille  » mais bien sûr je vous fais ça tout de suite, vous la voulez blonde ou brune ? ^^) mais aussi dans la peur des conséquences d’un deuxième pour le premier … et les réponses viennent une fois que le deuxième est là, c’est parfois frustrant d’avoir moins de temps pour lui ( car ça on y échappe pas ) mais on y arrive et ils le vivent je pense mieux qu’on ne le pense, et c’est tellement merveilleux de les voir déjà complices et de se rendre compte que oui on peut aimer autant deux fois…

    1. Comme j’ai hâte (même si j’ai toujours la trouille!). On va attendre que Z. soit un peu plus autonome avant de se lancer mais j’ai hâte de le voir avec un petit frère ou une petite soeur, ça doit être vraiment émouvant! Des gros bisous =)

  3. Le nombre d’enfants ne change rien: on te posera toujours les mêmes questions!
    Pour ma part, aimer tous ses enfants n’est pas compliqué dès lors que l’on accepte comme une évidence que ce sera chaque fois différent puisqu’ils sont différents, que nous sommes différentes d’une naissance à l’autre, que notre couple est différent, que le contexte est différent, etc…
    Bref, on redémarre à zéro à chaque fois, mais c’est vraiment une aventure incroyable!
    Le coup de  » le cœur d’une maman grandit en même temps que son ventre « , c’est niais, mais c’est vrai 😀

    1. Merci pour ton commentaire qui me va droit au coeur! La question du bébé deux ne se pose pas encore car nous aimerions que Zarico soit un peu plus « autonome » avant de se relancer dans l’aventure mais ton témoignage me donne force et courage ❤

  4. cette question, moi aussi elle me pèse mais pas exactement pour les memes raisons : nous on a très hate d’en avoir un deuxième meme si le premier est encore petit, on a envie d’enchainer et vite 😉 Mais c’est la nature qui décide et il faut donc patienter… alors les gens qui posent cette question, à chaque fois, me remettent le stress du « c’est vrai, j’ai hate, je suis impatiente, pourquoi ça ne marche pas » et ça me rend passablement angoissée…
    mais enfin, pourquoi se sentent ils obligés de poser cette question ???? c’est dingue quand meme…..

    1. Les gens n’ont pas toujours le tact et bien souvent pense que c’est aussi facile qu’un claquement de doigt… Avoir un enfant n’est pas toujours facile et je comprends à 100% que ça puisse te mettre le stress. Après la perte de notre premier enfant, j’ai mis un an avant de retomber enceinte et les questions à ce sujet me pesait lourdement, voire me faisait tomber en larmes… l’indiscrétion face à ce sujet me mette vraiment mal à l’aise, c’est limite de l’impolitesse!

      1. Beaucoup de gens sont maladroits… Trouver la limite entre être indiscret et manifester de l’intérêt n’est pas facile. Et on n’a pas la force d’être indulgent quand on souffre.

  5. Je me pose les mêmes questions que toi, mais pour moi, la réponse est claire, je n’en veux qu’un. Je ne veux pas me dédoubler, je veux pouvoir être la mère que je veux être à 100% et puis, je retrouve seulement un peu de temps pour moi (MisterBB a 3 ans et demi) et je trouve aussi cela important, de me retrouver, juste moi et pas « moi-maman ». Il y a un millier de raisons pour moi de n’en avoir qu’un et je trouve que la pression qu’on nous met et juste complétement idiote. Comme tu le dis, on ne fait pas un enfant à la légère (ou pour que le premier ne soit pas seul…:-o) Il faut que chaque parent se sentent prêt et en ressentent l’envie après tout, ca ne sont pas ceux qui nous disent « d’en faire » qui vont les élever…Chacun ses choix, ses envies et sa famille, il n’y a pas de « recette » parfaite 🙂

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