Publié dans Le parcours du combattant

Témoignages de Paranges : survivre au deuil périnatal – Claire et l’ange Céleste

A la veille de la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, c’est une nouvelle histoire que je vais te faire découvrir aujourd’hui et qui nous montre encore une fois que la vie est parfois terriblement injuste… Mais qu’il est possible de se relever, de se relever et de donner un nouveau sens à sa vie, justement « grâce » à cet épreuve!
Aujourd’hui c’est le témoignage d’une maman qui a le coeur sur la main, d’une maman qui a décidé de faire de la perte de sa fille un combat, le témoignage d’une maman qui a décidé de par son expérience sur le sujet, d’écouter les parents endeuillés.

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Voici l’histoire de la maman de Céleste…

Je suis Maman de 5 enfants, dont une petite fille décédée en Juillet 2011, Céleste.

J’ai également fait 3 fausses couches et des décollements du placenta en début de grossesse pour mes 3 derniers enfants. La grossesse n’est pas un long fleuve tranquille et épanouissant pour moi, j’attends plutôt la fin et la rencontre avec l’enfant…

Céleste a été victime d’un hématome rétro placentaire très violent, la veille de son terme. Elle est née par césarienne, en urgence, pour essayer de sauver ma vie à moi. Ils ont galéré pendant toute la nuit, mais ils y sont arrivé et ont même préservé mes chances d’être de nouveau enceinte (ce qui me semblait absurde au départ : comment aurais-je pu vouloir « remplacer » ma fille?)…

Le vide, physique et émotionnel, le manque, ont été abyssaux.

Nous avons été bien suivi à l’hôpital, et l’on nous a appris à ne rien enfouir, à pleurer (au moins deux heures par jour, disait la psy!!!), à se confronter avec douceur mais ténacité à la réalité, aux photos, aux échographies, aux autres bébé qui, eux, grandiraient.
J’avais l’impression d’être au bord d’un gouffre qui pourrait, à tout moment, m’engloutir. Je ne sais pas comment j’ai tenu, ni comment je me suis occupée de mes aînées, que j’aime tant pourtant.

6 mois plus tard, j’étais de nouveau enceinte. Grossesse sous le signe d’une angoisse dévorante, dont je ne garde aujourd’hui plus aucun souvenir…

Puis, les 1 an de Céleste sont passés, mon petit garçon est né, nous avons fini notre travail psychologique, retrouvé la paix , trouvé à notre fille une place que personne ne lui prendrait, bien au chaud dans notre cœur.

J’étais heureuse, de nouveau.

Je me souviens que cela m’a étonnée, révoltée, même.

Comment pouvait-on vivre tout cela, et, quelques mois plus tard, être de nouveau, tout simplement, heureux en famille? Comment était-ce possible que l’existence de ma fille ne laisse pas plus de trace dans ma vie qu’un amour inconditionnel?

Ma révolte m’a poussé à me poser la question du sens que je voulais donner à la vie et à la mort de ma fille. Comment voulais-je transformer ce que j’avais vécu, l’amour que j’avais pour elle, tout ce qu’elle m’avait donné à vivre?

J’ai trouvé, comme une évidence, que ma fille m’avait permis de rencontrer des gens merveilleux, d’autres mamans endeuillées ou, tout simplement, des personnes qui m’avaient tendu la main. Que ma fille m’avait guidée vers plus d’écoute, d’accueil de mes émotions et de celles des autres. Que j’avais trouvé ces cœur à cœur merveilleux, de vrais ‘cadeaux de Céleste’…
Que si je voulais lui être fidèle, garder dans ma vie cette lumière allumée par ma fille, c’était à moi de poursuivre le chemin qu’elle m’avait montré.

J’ai pris contact, le lendemain, avec une association de deuil périnatal, ai suivi les formations pour devenir bénévole écoutante et me suis lancée.

J’ai choisi d’écouter des mamans endeuillées car je me sens légitime pour le faire, mais je sens qu’un jour je serai capable d’accompagner d’autres douleurs, d’autres moments de vie.

On verra, lorsque ce sera le moment…

J’ai aussi lancé un blog sur le deuil, et je propose depuis peu à des parents endeuillés de faire pour eux des cartes ou des faire-part en mémoire de leur bébé, ou d’annoncer la naissance tant attendue de « bébés espoirs ».
C’est, à chaque fois, un moment très émouvant pour moi que ces rencontres au cours desquelles j’essaie de faire prendre corps aux mots, aux images, à l’amour que les parents ont en eux pour leurs enfants.

Aujourd’hui, plus de 3 ans après le décès de ma fille, j’ai trouvé un nouvel équilibre, je suis une personne différente, grâce à elle. J’essaie d’être plus dans le moment présent, plus dans l’écoute et l’empathie, de profiter de chaque moment avec mes 4 autres enfants et mon mari. Elle est ma motivation pour continuer de cheminer.

Pour qu’elle soit fière de moi.

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