Publié dans Le parcours du combattant

Le deuil périnatal

En cette semaine un peu spécial, je chamboule toutes mes habitudes bloguesques pour consacrer ces 7 jours (ou plus) en sensibilisation au deuil périnatal. Ce n’est pas grand chose, ça ne servira sans doute à rien, mais c’est ma façon à moi d’apporter une pierre à l’édifice, en espérant qu’au moins, quelques personnes seront touchées par la démarche.

Durant cette semaine (et certainement la semaine prochaine) tu découvriras des témoignages de parents qui ont perdu leur bébé bien trop tôt, qui ont dû apprendre à vivre avec ce terrible fardeau, et qui, bien souvent, ne s’en relèvent jamais vraiment.

Le deuil périnatal est quelque chose d’assez peu reconnu en France, parce que c’est encore très tabou. Je l’ai vu au sein même de ma famille quand nous avons perdu Léonie. Peu de gens n’ont pas compris la grandeur de notre tristesse pour un bébé « même pas né ».
Bien souvent, même le corps médical, ne le reconnaît pas (je jauge mes paroles, tout dépend des maternités et du corps médical bien entendu) ou le tamporise en rassurant les parents comme ils le peuvent avec des phrases outrancières et pire que blessante (« vous en aurez d’autres », « c’est mieux comme ça », « vous êtes jeunes et la vie devant vous »). Je t’en parlais d’ailleurs la semaine dernière ici.

Je pense que le tabou vient aussi du fait que, perdre un enfant, dans la conscience collective, est quelque chose d’inconcevable, et que pour tous, ou la plupart du moins : une femme tombe enceinte, elle vit 9 mois de bonheur, elle accouche et voit sa vie chamboulée pour toujours par ce tout petit être si merveilleux.
C’est comme ça, c’est inconscient, il n’y a pas de place pour la mort quand on imagine une femme qui va donner la vie. Je peux le dire, car j’étais la première à le penser.

ruban

Aujourd’hui, ça fait trois ans que nous traînons cette tristesse, ce très grand traumatisme dont nous ne guérirons jamais vraiment. Et pourtant, peu le savent et surtout peu de personnes le comprennent. Pour beaucoup, nous sommes passés à autre chose, nous n’y pensons plus, c’est effacé, nous avons donné naissance à Zarico et pchhhht comme par magie elle a disparu de notre esprit. Mais non, ça ne se passe pas comme ça, ça reste enfoui en nous à tout jamais.

Oui c’est sûr on « apprend » à vivre avec, on ravale sa douleur petit à petit, on apprend à penser à autre chose parce qu’il le faut,  parce que « la vie continue », et bien souvent parce qu’on nous le demande, parce qu’on nous dit qu’on ne pourra pas être éternellement triste et qu’il faut passer à autre chose, alors même si ce n’est pas ce qu’on veut, on le fait, je dirai tout simplement parce que c’est comme ça.

C’est entre autre pour ça que la journée internationale du deuil périnatal a lieu tous les ans au mois d’octobre, afin de sensibiliser le plus de personnes possibles à cette terrible chose qui, malheureusement, peut frapper tout le monde, mais aussi pour donner une certaine reconnaissance à ces parents, qui ne sont pas reconnus comme tel.
Cette journée, qui aura lieu cette année mercredi 15 octobre, est là pour faire prendre conscience aux paranges qu’ils ne sont pas seuls mais aussi à l’entourage et au corps médical que oui perdre un enfant, bien qu’il ne soit pas né vivant, bien qu’il n’ai jamais respiré, bien qu’il ne soit pas arrivé à terme, reste un enfant, un être fait de chaire, de sang et d’os qu’on pleurera toute sa vie.

Alors oui c’est sûr, ce genre de journée ne changera pas grand chose à la peine que chaque parent peut ressentir, c’est sûr qu’être au courant que la mort in utero existe ne changera pas grand chose à la peine et au traumatisme que ça engendre. Non, ça ne changera pas grand chose, à part peut être de faire prendre conscience aux autres de ce qu’est le deuil périnatal, que oui, ça existe, que non, on n’en guérit jamais, que non, on ne passe pas à autre chose.

Cette semaine servira également à rendre hommage à toutes ces petites étoiles qui nous regardent de là-haut, qui protègent leurs frères et sœurs, leurs parents, à tous ces petits anges nés bien trop tôt et qui n’ont pas eu le droit de rire, de pleurer, de respirer, de chanter de courir, d’être câliner, bref, qui n’ont pas eu la chance de connaître la vie au plus grand désarroi de leurs parents qui les aimaient/aiment/aimeront tant à jamais.

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11 commentaires sur « Le deuil périnatal »

  1. Très belle initiative… Je pensais faire pareil après la fête de anges qui a lieu samedi, je vais interviewer quelques mamanges et raconter l’histoire de leur Ange sur le blog 😉

  2. Peu en parle. j’ai ma meilleure amie qui a vécu ça, et c’est clair que personne ne peut comprendre… j’ai entendu des « ça va, c’est pas grave » dans le sens ou c’était pas un « bébé » pour eux vu qu’il n’est pas née.

    1. Mlaheureusement, je crois que chaque parent qui a vécu ça a au moins entendu une phrase de ce genre. C’est affreusement blessant et traumatisant… Heureusement que certaines personnes sont là pour soutenir ❤

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