Publié dans Humeurs

Lettre à ma plus vieille amie

Si l’on m’avait dit, il y a quelques années, voire quelques temps, qu’à presque 26 balais on se côtoierait encore, jamais je n’aurais voulu le croire.

Si l’on m’avait dit, il y a quelques années, voire quelques temps, que quinze ans après, on passerait encore nos journées accrochées au téléphone pour tout se dire et surtout rien, jamais je n’aurais voulu le croire.

Si l’on m’avait dit, il y a quelques années, voire quelques temps, qu’adultes on arriverait à faire fi de tous nos coups fourrés d’adolescentes prépubères et jalouses qui nous ont bouffé plusieurs années de nos vies, sûrement gâché les plus belles et nous ont fait nous séparer, jamais je n’aurais voulu le croire.

Si l’on m’avait dit, il y a quelques années, voire quelques temps, que je pourrai tout lui dire sans aucun tabou, comme si on n’avait jamais cessé de le faire, j’aurais certainement éclaté de rire.

Cette amie, c’est tout simplement mon amie. Une très vieille rencontre, une rencontre de 15 ans, avec des coupures oui, mais de 15 ans quand même.

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 Source : Pinterest

Avec elle, c’était passionnel. Avec elle, ça a été du bonheur, des rires, des souvenirs, des tas de souvenirs, des projets, des heures et des heures de dialogue, des mètres et des mètres de factures France Télécom, des voyages, des mots partout, des lettres pire que longues et chiantes, des pleurs, des cris, de (très) grosses engueulades à grand coup de déchirage de photographies, de plus jamais pour recommencer juste derrière.

Avec elle, j’ai appris la grande difficulté de la définition du terme « meilleure amie » avec tous ces méandres, toutes ses exceptions, ses N.B.. J’ai appris les protocoles à suivre avec parfois l’impression d’avancer sur un terrain glissant.

Avec elle, j’ai grandi. Les premières fois de filles : les ragniagnia, les garçons, les boobs in progress, les garçons, les angoisses, les garçons et les gloussades et les délires d’adolescentes.

Avec elle, j’ai engrangé les meilleurs souvenirs de mon enfance, de ma vie de collégienne mais aussi de lycéenne alors que j’étais mal dans ma peau et dans un « bahut » qui me laisse amère.

Avec elle, j’étais en sécurité. Elle me protégeait, moi la binoclarde gringalette de 6ème2. Elle, la fille à la salopette et au carré tiré à 4 épingles. Elle aurait tué pour moi et moi pour elle. Invincibles à deux et pourtant prêtes à se crêper le chignon à tout moment. Deux volcans en fusion prêts à exploser à tout moment.

Avec elle, j’ai appris les regrets. Les regrets de tirer un trait sur une belle amitié pour des histoires d’adolescentes, des broutilles, des conneries de gamins quand on y repense. J’ai appris le regret de ne pas avoir reparlé à cette amie pendant 5 ans. J’ai appris à regretter d’être aussi têtue et parfois intolérante.

Avec elle, j’ai appris à pardonner et à ravaler mon ego parce que gâcher une si belle amitié aurait été débile et que je tiens particulièrement à elle.

Avec elle, j’ai appris que l’amitié ne s’explique tout simplement pas. Elle est attachée à moi et je suis attachée au moins autant à elle. Personne ne comprend pourquoi je suis passée outre, pourquoi on a fait un pas l’une vers l’autre, plusieurs années après, mais on s’en fiche.

Avec elle, j’ai appris le mot amitié. Elle m’a montrée qu’en fait, l’amitié, ce n’est pas si facile, qu’il faut savoir l’entretenir, la cultiver. Et que l’amitié c’est aussi pardonner. Adolescente, on l’a vite oublié, on s’est perdue, pour mieux se retrouver.

Parce qu’on a grandi, et certainement mûri.

Parce que parfois avoir des enfants amène d’autres jolies choses, des retrouvailles inespérées.

Parce qu’on a enfin su faire preuve d’humilité.

Parce qu’il n’est jamais trop tard.

Parce qu’on s’est retrouvé comme si on ne c’était jamais quitté.

Parce que je me rends compte qu’elle est toujours là pour moi comme au premier jour, et que j’espère en faire autant.

Parce qu’elle compte toujours autant pour moi.

Parce que je veux que ça continue 15 ans encore et même plus.

Parce qu’elle a fait de moi son témoin de mariage et la marraine de sa fille (et que rien , qu’en y pensant, j’ai envie de chialer).

Parce que j’espère un jour faire de même.

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Source : Pinterest

Parce que c’est la seule que je peux serrer dans mes bras à chaque fois que je la vois.

Parce que je ne suis pas le genre à déballer mes sentiments et qu’on pense souvent que j’ai un coeur de pierre.

Parce que c’est la seule à qui je peux le dire sans me sentir nue et ridicule voire puérile.

Je l’aime.

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3 commentaires sur « Lettre à ma plus vieille amie »

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