Publié dans Mumcha vous dit tout

Reprendre le dessus

Souviens-toi, il y a quelques mois maintenant, je te parlais de mon burn out, ou devrais-dire, j’osais te parler de mon burn out… Parce que non, ce n’est pas quelque chose dont on parle aisément encore moins quelque chose qui est pris au sérieux!

Lorsque tu deviens mère, tu dois être heureuse. Tu ne dois respirer que le bonheur (et le vomi ou le caca ou les deux, au choix) et tu ne dois surtout pas te plaindre, et je ne te parle même pas d’être triste ou malheureuse (angoissée tu as le droit mais pas trop quand même, sinon on te dira que tu te fais un monde de rien).

Si je pouvais résumer en quelques mots ce serait : « élève ton marmot et surtout ferme ta gueule! »

Quand en plus tu as « la très grande chance » de ne pas travailler (ou de ne rien foutre pour la majorité des gens) et de pouvoir garder ta progéniture chez toi, tu comprendras que là, il n’est même pas question que tu l’ouvres ne serait-ce que d’un demi centimètre pour te plaindre…

Alors la brèche dans ton petit ciboulot de maman fatiguée se creuse, se creuse encore et encore et t’aspire toujours un peu plus dans les méandres de ton mal être et viennent à toi les vilains démons qui ont déjà hanté plus d’une mère : « je suis une mauvaise mère… », « comment est-ce que je peux en avoir marre? », « ce n’est pas possible, je ne l’aime pas comme il faut », « pourquoi moi? »… Alors si en plus bébé chéri souffre d’une quelconque maladie telle que RGO ou constipation pour ne pas citer les plus courantes la culpabilisation ne fait que croître et tu en arrives même à croire que c’est de ta faute si tout ça lui arrive, que tu as certainement dû mal faire le choses…

Tu commences alors à être fatiguée, très fatiguée, nerveuse, triste, malheureuse et très stressée… Quelques crises d’angoisses et remises en questions sans solution plus tard tu évolues en une espèce de mégère ascendant morue… Et alors là! Gare à ton entourage!

Tandis que tu commences (si ce n’est pas déjà fait) à construire une bulle entre ton bambin, tes angoisses, ta fatigue et toi-même, ton couple va se prendre une sacré claque… Parler? Pourquoi parler? Personne ne t’écoute de toute manière. Comment pourrait-on prendre au sérieux une femme au foyer qui n’a « pour seule tâche » que de s’occuper de son marmot?

Et même si tu vois que tu es pleines de contradictions, que cette bulle tu aimerais tellement la crever, que ton homme essaie de te parler ou de te faire parler, tu n’as absolument pas envie d’en sortir de cette bulle, et lui parler à lui, mais pourquoi faire, il te prend pour une feignasse de toute manière!

Tout ça te parle?

Ça s’appelle un burn out maternel ma ché-rrrrie, et le burn out ce n’est pas bon du tout, ni pour toi, ni pour ton enfant.
Grandir et s’éveiller dans une atmosphère où il n’y a que tension et angoisses n’est pas vraiment très propice…

Il faut arriver à s’en sortir avant d’arriver au point de non retour. Pour ça, je te propose quelques pistes : 

* S’aérer l’esprit SANS bébé.
Pour ça, il te suffit de le confier à quelqu’un (pas le premier passant dans la rue hein) et de t’octroyer RIEN que pour TOI ne serait-ce que pour quelques heures.
Ce n’est pas parce que tu ne travailles pas que tu n’as pas le droit de prendre du temps pour toi… Et puis, être mère au foyer, c’est un boulot à part entière, toute personne censée le sait!

* Instaurer ou réinstaurer le dialogue dans votre couple et expliquer les choses.
Les hommes ont du mal on le sait toutes (mouahahahah!) et pour eux rester à la maison c’est cool-pépère, mais non, ça c’est dans les films. Je te conseille alors de lui expliquer, de lui détailler ton emploi du temps,  et surtout de lui dire que oui, tu as le droit d’être fatiguée, inquiète et angoissée.

* Tout en réinstaurant ce climat de dialogue, pensez à vous faire des sorties en amoureux!
A avoir des moments à vous deux! Il y aura toujours quelqu’un pour chouchouter le petit dernier de la famille. Former un couple soudé est la base pour s’en sortir je pense.

* Il faut arrêter de croire purement et simplement, les statuts, billets et autres âneries sorties par les mères « parfaites » qui ne crient jamais, qui dorment 16 heures d’affilées, dont les bébés ne pleurent pas, ne font pas caca, ne vomissent pas. On le sait toutes le Père Noël n’existe pas!

* En avoir marre de bébé, c’est normal! Avoir la flemme de lui donner la becquet ou de lui changer les couches, ça t’arrivera autant que ça a pu m’arriver! Il ne
faut pas pour autant culpabiliser et t’imaginer en mère indigne, on l’a toute pensé au moins une fois (celles qui disent non sont des menteuses na!).

* Parler, parler et encore parler!
Que ce soit à une amie, à ses parents ou bien sur des forums. Il ne faut surtout pas s’enfermer dans le mutisme parce qu’on craint les moqueries ou l’incompréhension… Des réactions comme celles-ci, tu en auras toute ta vie,  ce n’est pas uniquement à cause de ton mal être! 
Les médecins sont également là pour t’aider. Personnellement c’est ce que j’ai fait. j’ai la chance d’avoir un très bon docteur qui écoute énormément.

* Il y a des tas de groupes de paroles qui fleurissent sur les réseaux sociaux comme sur les forums.
Non! Tu n’es pas seule!

* Savoir mettre les mots sur tes maux et tenter de relativiser (celui-là c’est le moins facile).

Amis et familles doivent également savoir reconnaître les mamans au bord du burn-out et se proposer d’aider, en prenant les enfants quelques heures ou une journée. Il faut savoir écouter la personne qui ressent ce mal être et surtout reconnaître son état. Je n’ai pas spécialement connu ça malheureusement, très peu de gens m’ont écoutée ou m’ont prise au sérieux, et ça n’aide pas forcément à aller mieux.

Alors après m’être mise un gros coup de pied au derrière  force de voir mon couple battre de l’aile, ce qui m’a sauvée c’est d’en parler de moi-même avec quelques amis du net. Je ne le dirai jamais assez mais c’est primordial!
Alors, oui les gens se sont moquées en me faisant les réflexions tant attendues du cinéma et autres moqueries idiotes, mais j’ai tenu bon et quelques oreilles attentives ont su m’écouter et surtout me faire dire ce que j’avais à dire… Retravailler m’a également permis de me sentir de nouveau utile et surtout de ne plus tourner en rond chez moi ainsi que de casser un peu la bulle qui entourait Zarico et moi…

Si je me permets d’écrire à ce sujet, c’est parce que je suis passée par là et qu’aujourd’hui je vais beaucoup mieux!

Si j’écris à ce sujet ce soir, c’est aussi parce que j’ai le cœur lourd de savoir que l’une de mes meilleures amies est en train de le vivre. J’ai le cœur lourd de l’entendre sortir des mots que j’ai sorti il y a quelques mois, de la voir malheureuse comme j’ai pu l’être, de s’enfermer dans sa bulle comme je l’ai fait, de dire qu’elle n’ose pas parler de peur qu’on se moque ou qu’on ne comprenne pas comme j’ai pu le vivre…

 

 

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19 commentaires sur « Reprendre le dessus »

      1. C’est tout à fait ça! Je n’en ai jamais parlé à mes amis en chair mais je m’en suis sortie grâce à mes amies du net. Je trouve qu’on se sent moins jugé

  1. Merci pour ce chouette article ❤ Oui le manque de soutien quand on devient maman, c'est terrible, moi j'ai entendu "tu l'as voulu, tu l'as eu, maintenant tu assumes, ferme ta g*** !" (et deviens Bree !).

    1. Ah ben tiens… le « tu las voulu tu assumes » j’y ai eu le droit aussi! Et comme j’ai perdu un bébé avant d’avoir Zarico tu comprends je devais être heureuse et c’est tout!

      1. Je capte mal, mon message a pas du passer, mamie disait; il est top ton billet, et même si je n’ai pas été au bout j’ai des moments ou je sens que je vais exploser, ma solution a moi c’est de sortir, être libre, picoler entre copines et se sentir légère, comme avant …
        Contente que tu en sois sortie et désolée pour ton amie 😦
        Elle entend tes conseils j’espère.

      2. Ah ouai! Ca picoler ça aide, j’approuve!!!!

        Oui elle écoute et tente de s’en sortir mais sa petite souffre de terribles RGO alors pas évident du tout

  2. Je me reconnais tellement dans ton article ! et encore moi je travaillais mais j’avais tout pour être heureuse : bébé adorable, travail, homme qui m’aidait à la maison donc je n’avais pas le droit de me plaindre et encore moins de craquer… et pourtant j’étais mal… limite schizophrène entre ce bonheur d’être maman d’un côté et ce mal être, juste un truc de malade, cette impression de viiiiiiide énorme, de ne plus rien maîtriser…
    C’est juste hallucinant alors que tu es au centre de tout pendant 9 mois tout d’un coup tu n’existes plus… non je n’étais pas jalouse de mon bébé, juste cette impression de ne plus exister…
    Et les copines qui vivent loin… bref !
    Merci !

      1. Maintenant que mon bébé à 18 mois ça va mieux, mais je m’en veut parfois tellement de parler de ces premiers mois de vie de façon si « négative »… j’ai adoré cette période de bébé câlin, découverte, tendresse, allaitement mais je m suis tellement oublié ! Maintenant je pense avoir trouvé un certain équilibre et c’est passé aussi par ce régime qui m’a permis de retrouver mon corps…
        Bref, j’arrête de m’épancher !

      2. Je pense que c’est le lot de beaucoup de maman… commencer à se retrouver quand on commence à penser au numéro 2… euh…

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