Publié dans Humeurs

Le jour où ma féminité m’a quittée…

Ma féminité et moi, on vivait une belle histoire d’amour, il y a de ça pas très longtemps…

Mais voilà, avec ma nouvelle vie de maman, je l’ai mise de côté, je l’ai malmenée, je l’ai négligée, délaissée voire même enterrée.

Depuis, mon accouchement, je l’évitais, je lui disais « on verra demain! On prendra un peu de temps ensemble, c’est promis! On se fera un aprem vernis et masque de beauté », mais non, je n’avais pas le temps pour elle, préférant m’adonner à ma nouvelle passion : être mère!

Elle en a eu marre, c’est normal, elle s’est barrée comme une voleuse…

Ok, je n’ai pas été gentille d’avoir agi comme ça avec elle mais se sentait-elle obligée de me laisser, pour seul souvenir, comme une dernière vengeance, une merveilleuse culotte de cheval, de splendides peaux d’orange et une magnifique brioche…  Je veux dire, elle pouvait partir avec quoi, sérieusement! Je vais en faire quoi moi? Le pire, c’est que je ne peux pas m’en séparer, ces cadeaux sont attachés à moi comme des sangsues…

Maintenant, je me sens bien seule, dans ce corps qui n’est plus le mien comme si mon esprit était coincé dans un corps bien trop grand pour moi. Je me sens perdue dans tant d’espace… On était si bien toutes les deux, bon on n’était pas non plus bombasses du quartier mais on savait se mettre à peu près en valeur et se sentir, à quelques détails près, bien comme on était…

Mais voilà, aujourd’hui, je suis féminibataire (célibataire de la féminité! Suis un peu!).

Faut dire aussi qu’on a joué des tours à mon corps et ma féminité en a pris un gros coup : une grossesse pas facile du tout, un corps embourbé dans 25 kg de surplus entre gras mis de côté et rétention d’eau… Souviens-toi, il fallait que je reste prostrée sur mon canapé pour que notre Zarico arrive saint et sauf…
Alors quand on est avachi pendant 9 mois, à quoi bon s’habiller? A quoi bon se maquiller? A quoi bon se raser les jambes?

L’engrenage était lancé… Et une fois notre Trésor arrivé je me suis enfoncée dans la facilité, trop dur de s’en extirper, et c’est là que je l’ai délaissée…
Pourquoi prendre 20 minutes à se lisser les cheveux quand je peux me les attacher à l’arrache? Pourquoi mettre une robe quand mon bon vieux jean est tellement rapide à enfiler? Pourquoi mettre du vernis puisque dans deux jours il sera écaillé? Pourquoi hydrater mes cuissots puisqu’ils sont cachés dans mon jean? Pourquoi se casser les fesses à se maquiller alors qu’on devra se démaquiller le soir?

C’est vrai quoi, j’ai un bébé, je dois m’en occuper! Comment ça, ça n’excuse pas tout?

Je dois faire des efforts? Et si j’en n’ai pas envie? Et si j’en n’ai pas le courage? Si tu pouvais revenir juste comme ça, je pourrai te faire une place entre mon gras et ma cellulite, non?

Oui, je sais, je dois me remettre en question. Pour ça, il faudrait que j’apprenne à m’apprécier, ou tout du moins me supporter, comme je suis… Ou bien tout simplement me foutre un bon coup de pied aux fesses…

Et si c’était « juste » un problème de confiance en soi? Je vois tellement de jolie fille ronde qui s’assume comme elles sont. Elle respire la beauté et la joie de vivre pendant que moi je m’embourbe dans des vêtements trop grands qui me rapetissent, me rabougrissent et m’effacent aux yeux du monde…

J’ai bien des objectifs, mais elle me connait, je ne les tiens jamais. Je dois bien perdre encore une bonne dizaine de kilos mais la bouffe m’appelle, me rappelant irrémédiablement à ma passion compulsive du grignotage!
Quand ça ne va pas fort? Je mange! Quand je suis triste? Je mange. Quand je suis fatiguée? Je mange… Et quand je mange? J’ai pas le morale alors je mange… Rappelle-toi de l’engrenage! J’ai d’ailleurs toujours cette image qui me revient en tête. Je me vois coincée dans ces terribles haillons entre nourriture et gras et je n’arrive pas à m’en dépatouiller.
Elle le sait elle, que c’est ma bouffée d’air frais, que je ne peux pas m’en empêcher, comme une terrible drogue sauf qu’on a omis de nous dire que c’était mortel…
J’ai l’impression d’être au pied d’une montagne qui aurait la forme de mon corps. Je tente de la gravir, y parviens un tout petit peu, puis je dégringole pour retomber au point de départ.

Alors, aujourd’hui, si je lui écris, c’est pour lancer une bouteille à la Mer.

Reviens! Je t’en prie, reviens!

Je ferai des efforts, j’essaierai de me sentir moins ridicule quand j’essaie de me rapprocher de toi. J’essaierai de me sentir bien quand je sors. J’essaierai de ne pas avoir ce rictus de dégoût quand je croise mon reflet dans le miroir.

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7 commentaires sur « Le jour où ma féminité m’a quittée… »

  1. C’est exactement l’etat d’esprit que j’ai eu pdt deux ans apres la naissance de la tyran. Je suis loin d’etre sauvee mais j’ai re-appris a faire des efforts. Prends du temps pour toi et Zaricot sera aussi tres fier de te voir encore plus belle! (Bien qu’ils nous aiment quand meme comme on est)

    1. Il faut que j’apprenne à faire des efforts mais ce n’est pas ma plus grande qualité… Cependant, quand je me vois en photo, je me dis qu’il faut vraiment que je fasse quelque chose!!! ^^

  2. … Et quand je suis heureuse… je mange aussi… Je me retrouve tellement dans ce que tu as dit…

    1. Ah oui! Pas faux! Je l’avais oublié celui-là! Il y a aussi quand je suis en bonne compagnie, quand je suis en famille, pour passer le temps…

  3. Oh ben la mienne a pris des vacances elle aussi! Trop la flemme… j’ai pas été me faire couper les cheveux depuis fiuh.. au moins 18 mois! Ils sont tellement longs que j’arrive même plus à les démêler (c’est une espèce de tignasse de lionne ^^)
    Mes fringues sont vieilles et usées… et trop grandes, car j’ai perdu du poids après ma grossesse, donc une taille, mais je compte reprendre mes kilos (oui je dois être la seule femme sur terre a vouloir grossis!)… alors je garde mes fringues, et puis je n’ai plus le goût de faire les magasins.
    Me maquiller, j’ai jamais aimé ça..

    Bref, moi je dirais… t’en fais pas… quand on est maman on a tellment à penser… Mais faudrait être parfaite! La mère parfaite pomponnée bien habillée, épouse et femme de maison, une carrière… Mais on est humaine, on redéfini juste nos priorités!

    Mais si c’est important pour toi de retrouver cette part de toi, alors commence par de petits gestes, des petits rituels tout simples… 🙂

    1. Ton commentaire m’a bien fait rire car je vis le même problème capillaire!!! C’est clair qu’on ne peut pas être parfaite, surtout quand tes enfants sont ta priorité!
      Mon plus gros soucis, ce sont mes rondeurs que je ne parviens pas à assumer… Il faut que j’arrive à faire quelque chose mais bon, la motivation n’est tellement pas là!!!

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