Publié dans Grossesse

Et Zarico fût!

Le récit de mon accouchement ne va peut être pas vous paraître très intéressant ni trépidant… Non, parce que je n’ai pas connu la douleur du travail, la déchirure des contractions, l’attente que le col bouge, la poussée et de tous les à côté!

J’ai accouché par césarienne. Déjà d’une, parce que je suis mal foutue et donc que j’ai le bassin trop petit pour que mon Zarico puisse passer avec sa grosse tête. Et de deux, parce que Môssieur avait décidé de se mettre en siège semi-décomplété, une jambe en tailleur l’autre en mode French cancan!

Comme je vous l’ai dit dans un précédent billet, ma grossesse s’est un peu terminé en jus de boudin… Un mignon petit prurit (noté la délicatesse du mot… Rien que je le prononcer c’est dégueulasse) a décidé de pointer le bout de son nez juste avant l’arrivée de Z. Vu que j’arrivai au terme, les médecins ont décidé de me mettre sous cortisone, de toute façon il n’y avait plus de risque, Zarico pouvait arriver quand il le désirait!
Oui mais voilà, Zarico il est resté là où il était et moi je me suis transformé en bibendum croisé bouledog!

Du coup, ni une ni deux, nous nous rendons à la maternité, où nous avons une carte fidélité. Je préviens quand même Mimoune qui me dit de surtout prendre ma valise… Mais, comme d’habitude, je n’écoute pas et n’en fais qu’à ma tête! Ben oui, Mumcha elle est têtue comme pas deux!

[Et c’est là qu’on sort les sempiternels « ta mère avait raison! » « faut toujours écouter sa maman! » que je sors déjà à Zarico et il n’a que deux mois…]

On me met sous monito, on commence à avoir l’habitude avec M’sieur Stache! Comme d’habitude, oui parce qu’on est planplan à force on prend des habitudes, mon regard est bloqué sur les oscillations du coeur de mon bébé et M’sieur Stache sur son écran de téléphone, tentant d’exploser son score à Angry Birds… Je suis au bord de la crise de nerfs!
On nous réinstalle en salle d’attente « quelques minutes » avant l’arrivée du gynéco. S’en suivent deux heures de longues et frustrantes patiences(oui oui d eux heures! Elles sont longues les minutes aux urgences mater’, ils n’ont pas la même notion du temps là-bas) avant de se retrouver à 14h dans le bureau de la gynéco.

Elle me regarde, je la regarde, on se regarde, elle regarde mon dossier, elle prend son téléphone, elle me dit « j’arrive », je me dis « oh non elle ne va pas encore se casser », elle revient, je la regarde de nouveau, elle me regarde de nouveau, elle sourit, moi non, elle me sort « Bon ben vous passez au bloc à 18h! »… Bref, j’accouche dans 4heures!

A partir de ce moment, tout s’enchaîne et tout est long à la fois. Je panique, j’ai hâte, j’ai peur, je pleure de joie et de panique, je tourne en rond c’est trop long, je n’ai pas envie d’y aller, je veux rentrer!

Après une petite douche à la Bétadine revigorante -rien de mieux pour se détendre-madame la Sage Femme vient me poser ma perf, avec tout le tralala habituel, « oh! Mais vous n’avez pas de veines! » (ben si! Magne-toi qu’on en finisse!)… Peut être dix minutes après je dis à Mimoune, M’sieur Stache étant parti chercher la valise, (oui dans l’entre fait j’ai appelé ma môman… Ben oui quand j’ai peur j’appelle ma môman et elle accourt) que j’ai un peu mal à la main, et en effet, j’ai raison d’avoir mal… Ma main a triplé de volume, le liquide passe à côté de la veine! Maudite jusqu’au bout que j’vous dis! Purée mais c’est quand qu’on va me le sortir qu’on en finisse!!!!

18h00! C’est parti, on m’embarque! Je vois les néons défiler, le coeur qui bat à mille à l’heure… M’sieur Stache suit le brancard avec le berceau et la tenue de Zarico… D’ici une poignée de dizaines de minutes, il ne sera plus vide! Je ne réalise pas… En même temps, je me demande comment il sera, j’ai tellement hâte de faire sa rencontre, puis s’en vient l’éternelle crainte du « est-ce qu’il va pleurer? ». Vous aurez remarqué qu’à ce moment c’est le grand chamboulement dans ma tête (c’est déjà pas très net d’habitude)!

Après un bisous (d’Adieu) à M’sieur Stache, nous nous séparons, lui va en salle de naissance, moi au bloc.Un déchirement pour moi… Il m’en a fallu du temps pour accepter « qu’on ne vivrait pas ça ensemble », mais l’équipe est super! Je souhaite à tout le monde de tomber sur une équipe comme ça! Ca sera un monsieur, Cédric, qui m’accompagnera tout le long de l’opération.
L’anesthésiste arrive et me demande si je suis stressée : « non non du tout! J’adore qu’on me plante dans la colonne puis qu’on m’ouvre le bide! C’est ma plus grande passion d’ailleurs! Vivement que je recommence! ».
Et là, ce que je redoutais, arrive… (Jusqu’au bout, souvenez-vous!) Il n’arrive pas à piquer… Ca a duré comme ça 20 minutes et au bout de la septième tentative ça fonctionne (au prix d’une aiguille toute tordue qu’il s’est fait un plaisir de me montrer… Je m’en serai bien passée). Je sens les fourmilles et la chaleur envahir mes pieds puis mes jambes pour arriver jusque sous ma poitrine, c’est parti!

Le gynécologue entre en scène, telle une star, la Rihanna du bloc, tout le monde la Salue… Elle m’adresse un petit « pas trop stressée? » -sérieux, ils en ont vraiment un coup- n’attend pas ma réponse (de toute façon j’arrive à peine à parler avec l’anesthésie) et lance un « c’est parti, on y va! ». Le truc, c’est que j’ai la réelle impression de sentir le champ opératoire! Du coup je leur dis et je les vois rire…

En effet, vingt secondes plus tard j’entends un son merveilleux, un son qui résonne encore dans ma tête, un son que j’espère ne jamais oublier : son premier cri! Bientôt écrasé par mes sanglots d’ailleurs… Il est 18h59, et Zarico fût!

On me le présente, tout blanc encore couvert de son vernix. Je l’embrasse encore et encore!
Après une petite toilette rapide, on me le ramène, il pleure et sanglotte, et là, magie, on me le donne en peau à peau et cesse de pleurer, son regard plongé dans le mien pendant de longues minutes…
Un moment magique qu’il est impossible de décrire et d’imaginer tant qu’on ne l’a pas vécu. Il est là, sur ma poitrine, et j’oublie tout, j’oublie l’équipe qui s’affère autour de moi, j’oublie Cédric qui me parle,j’oublie que j’ai du mal à respirer, j’oublie qu’on est en train de me recoudre, il n’y a que lui et moi!

Mais comme tous les moments de bonheur, il y a une fin, ça permet de mieux les savourer quand on y repense, et il faut aussi que je partage Zarico avec M’sieur Stache, qui lui, ne l’a pas encore vu et attend dans une salle de naissance depuis une heure!!! Là, je ne sais pas trop ce qui s’est passé parce que M’sieur Stache ce n’est pas un grand parleur et surtout pas le genre a déballer ses sentiments… Donc mystère!

Après deux heures en salle de réveil (les deux PLUS longues heures de ma vie) je retourne à ma chambre où m’attendent mon homme et mon fils! Grand moment d’émotion quand je vois notre tout petit dans les bras de son papa…

Ca y est nous sommes une famille, nous avons NOTRE famille…

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10 commentaires sur « Et Zarico fût! »

  1. T’es chiante, je venais de me maquiller, j’ai plus qu’à tout recommencer avec les larmes que tu m’as fait verser…!!!

  2. Ping: Mumcha

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